Origine du Covid-19: un rapport du renseignement américain pointe des zones d'ombre

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Le rapport du renseignement américain sur le virus responsable du Covid-19 a été révélé le 27 août. Il reste de nombreuses zones d’ombre sur les origines de cette épidémie, mais les experts écartent toute manipulation génétique. Mais ce samedi 28 août, Pékin accuse les États-Unis de « manipulation politique ».

Si le rapport ne répond pas à toutes les questions dit notre correspondante à New York, Loubna Anaki, il permet effectivement d’écarter certaines théories. À en croire le renseignement américain, non, le virus n’est pas le résultat d’une manipulation génétique et non il n’a pas été conçu comme arme biologique.

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Pour arriver à leurs conclusions, les experts du renseignement chargés de cette mission ont étudié des centaines de données durant trois mois. Mais ils n’ont pas réussi à apporter des réponses quant aux origines de cette épidémie : fuite d’un laboratoire ou contact naturel entre un humain et un animal malade. Les deux théories restent plausibles selon le rapport qui souligne également qu’il est peu probable que le gouvernement chinois ait été au courant de ce virus avant le début de la pandémie.

Joe Biden accuse la Chine de manquer de transparence

Cet audit a été réalisé à la demande de Joe Biden. Le président américain a publié un communiqué suite à ce rapport. Il accuse la Chine de manquer de transparence et de cacher des informations. Le président appelle Pékin à autoriser les experts internationaux à mener leurs enquêtes sur place.

« Même si notre audit est terminé, nous n'arrêterons pas de chercher la vérité sur cette pandémie », assure Joe Biden.

Pour Pékin, une « manipulation politique »

Trois mois pour arriver à ce que l’on savait déjà, indique notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde : le Covid-19 n’a pas été développé comme « une arme biologique », il n’a « probablement » pas été conçu « génétiquement » et les dirigeants chinois n’en avaient « pas connaissance avant l’apparition de l’épidémie. »

Voilà ce que disent les limiers américains chargés de retrouver la boîte de pandore. Pour le reste, on en est toujours au même point : impossible de trancher entre origine animale et accident de laboratoire. Cette dernière hypothèse, Pékin n’a jamais voulu en entendre parler. Depuis mars 2020, la Chine avance même l’idée que le SRAS-Cov2 (acronyme longtemps interdit d’emploi dans les médias d’État pour ne pas rappeler le premier SRAS) pourrait être apparu en dehors des frontières chinoise.

Pour l'ambassade de Chine à Washington ce rapport américain serait donc basé « sur une présomption de culpabilité » et viendrait « manipuler » la science pour des motifs « politiques ». Ce qui devrait être un « ouf » de soulagement reste en réalité une question ultrasensible sensible en Chine. Motif de représailles économiques : l’Australie qui a osé demandé qu’une enquête indépendante puisse être menée dans les laboratoires de Wuhan continue d'en payer le prix. Contrefeu médiatique aussi. Tout en répétant que l’hypothèse d’une fuite de laboratoire est « hautement improbable », la propagande chinoise, qui n’est pas à une contradiction près, martèle depuis des semaines que l’OMS ferait bien d’aller fouiller dans les placards de l’institut de virologie de Fort Detrick aux États-Unis.

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