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Optimisme retrouvé et objectifs à la hausse: retour de flamme pour Le Pen et le RN aux législatives

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Marine Le Pen à Perpignan, le 8 juin 2022.  - RAYMOND ROIG / AFP
Marine Le Pen à Perpignan, le 8 juin 2022. - RAYMOND ROIG / AFP

Faut-il y voir la digestion de sa troisième défaite à la présidentielle, l'effet du sondage Ifop-Fiducial paru mardi qui la crédite de 51% des suffrages dans sa 11e circonscription du Pas-de-Calais dès le premier tour dimanche, ou celui des difficultés persistantes du pouvoir en place, moins assuré que jamais de la majorité absolue dans la prochaine Assemblée nationale?

Le changement de ton de Marine Le Pen et de son Rassemblement national ces derniers jours est en tout cas notable. Dans cette dernière ligne droite avant les législatives, la formation d'extrême droite ne fixe plus de plafond à ses objectifs au Palais-Bourbon et sa cheffe de file multiplie désormais les déplacements... et les coups à l'égard du pouvoir, comme de l'union de la gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon.

Finie la sinistrose

Attendue dans l'Hérault ce jeudi, Marine Le Pen est en effet par monts et par vaux cette semaine pour soutenir les candidats estampillés RN pour le scrutin à venir. Et ce mercredi, tenant un point-presse dans la Villa Duflot à Perpignan, elle a refusé de poser une limite aux ambitions de son parti quant à l'ampleur de son futur groupe parlementaire.

"Nous n'en savons rien. On a été en tête dans 150 circonscriptions, on peut donc avoir 150 députés", a-t-elle glissé.

Une cohorte certes insuffisante pour forcer l'exécutif à une cohabitation, mais ce nouveau discours tranche nettement avec la sinistrose d'il y a encore trois semaines, comme ici auprès du Figaro. Le 13 mai dernier, elle se bornait en effet à espérer un groupe d'"au moins 60 députés" afin de jouir de l'intégralité de la marge de manoeuvre possiblement offerte à une opposition, comme le droit de saisir le Conseil constitutionnel en son nom propre.

Duel avec Jean-Luc Mélenchon

Cette modestie cadrait alors avec le relatif retrait observé par la patronne du RN qui semblait atteinte par son dernier échec à la présidentielle face à Emmanuel Macron. Au moment d'évoquer ce scrutin, Marine Le Pen se situait même dans une forme de renoncement, estimant que "trois présidentielles, c'est déjà un parcours".

Et sur le terrain, Marine Le Pen a d'abord brillé par sa discrétion pour soutenir ses candidats à la seconde élection de ce printemps. Une sourdine d'autant plus remarquée que Jean-Luc Mélenchon, omniprésent dans les médias, n'a cessé au cours des dernières semaines de se voir en Premier ministre ou, à tout le moins, en premier opposant à l'exécutif. S'exprimant à ce propos dans un entretien publié ce jeudi dans les colonnes de Sud-Ouest, Marine Le Pen a évacué:

"Certains, à l'extrême gauche, font mine de croire qu'ils peuvent obtenir une majorité à l'Assemblée, ça ne tient pas debout".

D'ailleurs, Marine Le Pen ne lâche plus Jean-Luc Mélenchon dorénavant. Après l'avoir dépeint mercredi en "porteur de désordre et de chaos", elle a comparé la Nupes à une "Zad politique" auprès de Sud-Ouest.

Appel à la mobilisation des Français

Pas question pour autant de se résigner à une mainmise macronienne totale sur les institutions dans la mandature à venir. "Plus Macron est affaibli, mieux les Français s'en porteront. C'est la dernière chance avant quatre ans de contrecarrer sa politique", a-t-elle lancé à Perpignan.

"Les députés ont un rôle fondamental pour protéger les Français".

Signe de son optimisme renouvelé, elle enchaîne justement les appels à ses concitoyens, en plus d'arpenter les circonscriptions où le RN apparaît en bonne posture. Quitte d'ailleurs à reprendre des accents du patron des insoumis qui a fréquemment fait des législatives un "troisième tour".

"Je viens dire aux Français que nous avons besoin d'eux, car le match n'est pas terminé", a ainsi posé Marine Le Pen devant son auditoire mardi, à Corbeilles-en-Gâtinais, dans le Loiret.

Car une perspective assombrit toutefois son humeur: celle de l'abstention, à laquelle l'électorat du Rassemblement national est particulièrement vulnérable. "Il est possible, au moment où nous nous parlons, qu'Emmanuel Macron n'ait pas une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Encore faut-il que les Français se déplacent pour aller voter, et notamment ceux, et ils sont très nombreux, qui sont opposés à la politique toxique d'Emmanuel Macron", a-t-elle développé lors de ce même meeting.

Un enthousiasme contagieux

Malgré cette réserve, un tonus nouveau parcourt décidément l'échine du RN. Ce jeudi matin, Jordan Bardella, dont Marine Le Pen a fait son remplaçant à la présidence de son mouvement et où ce dernier espère se maintenir, a jugé sur le plateau de l'émission Les 4 Vérités de France 2:

"Je pense que nous pouvons arriver en tête dimanche. On est à 3 ou 4 points de la place de tête", a-t-il estimé.

"Je pense que nous pouvons entrer très nombreux à l'Assemblée. Ne pas voter dimanche, c'est valider le programme d'Emmanuel Macron. Ne lui laissez pas les pleins pouvoirs", a-t-il encore supplié les Français.
Mais les projections sont têtues, et de nature, en principe, à tempérer cet enthousiasme. D'après la dernière enquête Ipsos-Steria pour le Cevipof, Le Monde et la Fondation Jean-Jaurès publiée mercredi, le Rassemblement national ne cumule pour l'heure que 20% des intentions de vote, distant respectivement de 8 et 7,5 points des scores attribués à Ensemble - qui unit les forces soutenant Emmanuel Macron - et à la Nupes. Un niveau qui, couplé aux mécanismes liés aux modalités d'un scrutin majoritaire uninominal à deux tours, enferme le RN dans une fourchette allant de 20 à 55 députés sur les bancs de la nouvelle session du Palais-Bourbon.

Article original publié sur BFMTV.com

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