Les opposants russes pourront bénéficier de visas longue durée en Allemagne

Photo Christian Mang/REUTERS

La mesure était évoquée depuis plusieurs semaines, elle est désormais confirmée : les opposants russes en exil pourront, selon le gouvernement allemand, bénéficier de visas de longue durée. “Nous voulons régler ce problème immédiatement”, a ainsi déclaré, le 18 mai, la ministre de l’Intérieur, Nancy Faeser, dans une interview au Spiegel citée par la Tagesschau. En parallèle, le gouvernement a assuré que la procédure de délivrance de permis de travail serait simplifiée pour les professionnels russes fuyant leur pays, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Et ce jusqu’en septembre 2022.

Contrairement aux réfugiés ukrainiens, les Russes en exil ne bénéficient pas de facilités d’accueil. Beaucoup ont actuellement recours à des visas de court séjour Schengen de quatre-vingt-dix jours maximum, sans possibilité de travailler sur place. Au-delà de cette période, les dissidents politiques ayant trouvé refuge outre-Rhin se retrouvent confrontés à un choix cornélien : rester illégalement en Allemagne ou quitter le territoire sans possibilité d’y retourner avant cent quatre-vingts jours. “Pour des gens qui ont auparavant vécu dans une dictature, la perspective de se retrouver en conflit avec la loi est une horreur.”

Des initiatives locales

La mise en place de visas de plus longue durée, une “initiative nationale” menée par l’Allemagne en dehors du cadre communautaire, vise à remédier à cette situation. Mais la mesure risque de prendre du temps. Selon la Tagesschau, une telle législation “ne devrait pas voir le jour avant la pause estivale”, ce qui inquiète des associations comme Amnesty International ou Reporters sans frontières. Car “d’ici là, les visas auront expiré depuis longtemps”.

En attendant, plusieurs Länder ont pris des initiatives individuelles. “La Thuringe et la Basse-Saxe prolongent les visas Schengen pour les ressortissants russes et biélorusses [la guerre en Ukraine les empêchant de retourner dans leurs pays respectifs], explique le média de Hambourg. Cependant, ce n’est qu’une solution transitoire : elle leur permet de rester [en Allemagne] seulement trois mois de plus.” À Berlin, où vivent de nombreux réfugiés russes, “les décisions ont, quant à elles, été prises au cas par cas”.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles