Un opposant russe visé par des « menaces » à Biarritz, une enquête ouverte

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Vladimir Ossetchkine, opposant russe à Vladimir Poutine et directeur de l’ONG Gulagu.net spécialisée dans la défense des prisonniers russes

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES - C’est une affaire dans laquelle de nombreuses zones d’ombre subsistent. Une enquête a été ouverte à la mi-septembre pour « menaces » contre Vladimir Ossetchkine, directeur d’une ONG spécialisée dans la défense des prisonniers russes réfugié à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), a-t-on appris ce mardi de sources proches de l’enquête.

Cet opposant au régime de Vladimir Poutine, réfugié politique en France, affirme avoir échappé à une tentative d’assassinat le 12 septembre au soir alors qu’il se trouvait à son domicile avec femme et enfants. Une tentative d’assassinat qu’il avait relatée ce lundi 19 septembre dans une interview en ligne et qui, contrairement aux menaces, n’a pas été confirmée par le parquet de Bayonne au HuffPost.

« Le 12 septembre, vers 21h, je me trouvais à la maison, je travaillais dans l’obscurité, je n’avais pas allumé la lumière », a raconté Vladimir Ossetchkine au téléphone à l’AFP. « Quand ma femme et mes enfants sont arrivés, nous avons allumé la lumière et avons commencé à faire dîner les enfants, et j’ai remarqué un point rouge [évoquant le viseur laser d’une arme à feu] qui bougeait sur la balustrade de l’une des terrasses et qui se dirigeait ensuite vers moi sur le mur », a poursuivi le directeur de l’ONG Gulagu.net, qui dénonce régulièrement des faits de torture et de corruption au sein du système pénitentiaire russe.

Pas d’enquête pour tentative d’assassinat

« Nous avons éteint la lumière, nous nous sommes couchés par terre, avons fermé les volets et appelé la police », relate Vladimir Ossetchkine, qui évoque des tirs d’arme à feu. « Quand la police est venue, ils sont entrés dans la maison de l’autre côté et quand ils ont essayé d’ouvrir le volet d’un des balcons, ils ont aussi entendu des tirs, ils ont ensuite interrogé des voisins qui ont aussi entendu ces tirs. »

Selon des sources proches du dossier, qui ne confirment ni n’infirment les tirs et se montrent prudentes sur les faits, une enquête pour « menaces » et non pour tentative d’homicide a été ouverte et confiée à la police judiciaire. L’opposant affirme avoir été informé, début février, d’un projet d’assassinat le visant et avoir été placé depuis sous protection policière.

L’ONG de Vladimir Ossetchkine avait diffusé en 2021 des vidéos de viols dans des prisons russes, ainsi que des témoignages de victimes et, fait rarissime, de tortionnaires, entraînant l’ouverture d’une enquête par les autorités. Elle affirme disposer de plus de 1 000 vidéos montrant des tortures en prison.

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