Opinions convergentes, méthodes divergentes : ce qui affaiblit les sciences sociales

Par Raul Magni-Berton*
·1 min de lecture
Les sciences sociales sont dans l’œil du cyclone (photo d'illustration de l'université de la Sorbonne).
Les sciences sociales sont dans l’œil du cyclone (photo d'illustration de l'université de la Sorbonne).

Les sciences sociales sont dans l'?il du cyclone. Sur le banc des accusés se trouvent l'islamo-gauchisme, l'intersectionnalité et d'autres sujets encore. Il ne s'agit pas d'une simple lubie de notre ministre de l'Éducation nationale, puisque de nombreux sondages confirment un certain accord d'une large frange de la population.

En tant que chercheur dans ces domaines, je voudrais prendre au sérieux ces critiques et faire un examen sévère des sciences sociales telles qu'elles sont aujourd'hui pratiquées en France. Il y a effectivement un problème, et ce problème a quelque chose à voir avec les critiques qui lui sont adressées. J'essayerai de l'illustrer avec des données issues de l'enquête que j'ai menée avec mon collègue Abel François sur les universitaires.

Raul Magni-Berton, professeur de sciences politiques à l'IEP Grenoble.

À LIRE AUSSI« Plus les universitaires s'éloignent de leurs domaines, plus ils manquent d'humilité »

Comment reconnaître qu'une discipline scientifique est en bonne santé ? Il y a un critère assez simple. Lorsque, à l'intérieur de cette discipline, les opinions convergent sur ce qu'est une preuve scientifique et divergent sur tout le reste.

Le consensus sur ce qui constitue une preuve est fondamental pour trancher les controverses. Tant qu'il n'y a pas de moyen consensuel pour savoir qui a raison, toute controverse devient un dialogue de sourds. À côté de ce consensus, les divergences d'opinions sont tout aussi essentielles. Si tout le [...] Lire la suite