Open d'Australie: à Melbourne, la nouvelle valse à trois temps des solistes trentenaires

Elodie SOINARD
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Le Suisse Roger Federer lors du tirage au sort de l'Open d'Australie, le 10 janvier 2019 à Melbourne

Melbourne (AFP) - Ils ont dépassé (largement) les trente ans mais continuent de dicter le tempo: les trois solistes stars du tennis mondial, Novak Djokovic, Roger Federer et Rafael Nadal jouent un nouvel opus de leur valse à trois temps à l'Open d'Australie, dès lundi (14-27 janvier) à Melbourne. Et s'il s'agissait de l'un des derniers ?

A trois jours des premiers coups de raquette sur les courts ensoleillés du Melbourne Park, Andy Murray, le quatrième membre du "Big Four", a brutalement rappelé vendredi que cette époque dorée touchait inexorablement à sa fin. Le Britannique, 31 ans, a annoncé, ému aux larmes, que sa hanche droite le contraignait à mettre un terme à sa carrière, au mieux à Wimbledon espère-t-il.

"Il y a dix ans, s'il s'était arrêté à 31 ans, on aurait dit qu'il avait eu une très longue carrière", a souligné Nadal samedi.

"Aujourd'hui, on a l'impression que ce n'est pas le cas parce que les joueurs jouent plus longtemps. Mais il a 31 ans. Aujourd'hui, c'est lui. Demain, un autre. Notre génération, on n'a plus vingt ans, on a tous plus de trente ans", a poursuivi le Majorquin, qui, à 32 ans, a connu son lot de blessures.

- "Si nous sommes en forme..." -

En attendant, lui comme Federer (37 ans) et Djokovic (31 ans) - en quête tous deux d'un septième sacre record à l'Open d'Australie - continuent d'étirer leur exceptionnelle longévité au plus haut niveau. Et le trio infernal, qui truste de nouveau le podium au classement, compte bien jouer plus longtemps encore les premiers rôles.

"Si nous sommes en forme et que nous jouons bien, nous conservons probablement les meilleures chances de remporter les tournois du Grand Chelem", estimait Djokovic début janvier à Doha.

Comment, de fait, ne pas faire du Serbe le favori N.1 de l'Open d'Australie ?

Depuis qu'il a recouvré ses esprits et sa plénitude physique au début de l'été dernier, peu après avoir réamorcé sa collaboration avec l'entraîneur de tous ses succès Marian Vajda, "Djoko" a récité sa partition à la perfection ou presque en triomphant coup sur coup à Wimbledon puis à l'US Open, ainsi qu'à Cincinnati et Shanghai. Jusqu'à se réinstaller sur le trône de N.1 mondial.

Il a certes connu deux revers en finale fin 2018, à Paris et au Masters, puis une reprise un peu poussive en 2019, stoppé en demi-finale à Doha (par Bautista). Il n'en est pas moins "sans aucun doute le favori", de l'avis de Federer, qui estime qu'il sera "dur à battre une fois qu'il aura retrouvé son niveau".

"On verra bien s'il y aura une saison 2020 ou pas": en lâchant cette phrase à la presse suisse lors de la Hopman Cup début janvier, le Suisse aux vingt couronnes record en Grand Chelem, qui a l'habitude de désamorcer les questions récurrentes sur le sujet, a suscité l'émoi, même s'il a rapidement précisé "ne pas penser vraiment à la retraite".

- "Toujours les hommes à battre" -

D'autant que Federer a montré des signes inhabituels de fragilité au cours de la deuxième moitié de la saison 2018, marquée par deux désillusions majeures à Wimbledon et à l'US Open, qui n'ont pas manqué de soulever des interrogations sur sa capacité à continuer à défier le temps qui passe et à prétendre encore aux trophées les plus prestigieux.

Mais le double tenant du titre, auteur d'un retour retentissant à Melbourne en 2017 après six mois loin du circuit, n'a pas dit son dernier mot. Il a entamé 2019 de manière convaincante en remportant la Hopman Cup, compétition par équipes mixtes à Perth, sans concéder le moindre set ni même le moindre break, notamment face aux jeunes menaces Alexander Zverev et Stefanos Tsistipas.

Quant à Nadal, ses quatre derniers mois sans compétition et ponctués de pépins physiques depuis son abandon en demi-finale de l'US Open - genou droit, abdominaux puis cheville droite opérée fin 2018, cuisse gauche début 2019 - posent inévitablement question sur son état de forme.

"Je me sens bien. Si ce n'était pas le cas, je ne serais pas là", a rassuré l'Espagnol samedi, qui, s'il a reconnu son "manque de matches", a mis en avant sa "motivation maximale".

"J'ai l'expérience, ce n'est pas nouveau pour moi, je sais que je peux bien jouer même en manquant de rythme", a-t-il ajouté.

Auteur de son premier coup d'éclat avec un sacre au Masters en s'offrant coup sur coup Federer et Djokovic en novembre dernier, l'Allemand Alexander Zverev mène, à 21 ans, la rébellion de la nouvelle génération. Pleinement conscient que "ce sont toujours les hommes à battre dans les gros tournois."