Opération « Mar Verde », échos lusophones (1/3) Une bien étrange alliance

© Geneviève Chauvel / Sygma via Getty Images

Le 22 novembre 1970, une coalition rassemblant des combattants portugais et des opposants guinéens débarquait à Conakry pour essayer de renverser le régime guinéen, neutraliser la rébellion bissau-guinéenne du PAIGC et libérer des prisonniers portugais qu’elle avait capturés. La mémoire guinéenne a baptisé cet épisode « l’agression portugaise ». Les responsables portugais de l’opération l’ont baptisée Mer Verte, « Mar Verde ». Le service lusophone de RFI est reparti sur les traces portugaises et bissau-guinéennes de cette histoire. Il propose, dans une série en trois épisodes de nouveaux témoignages sur les faits. Premier volet : où l’on découvre que le soutien de Lisbonne aux rebelles guinéens n’était pas acquis d’avance.

Cela ne fait que peu de temps que les archives portugaises ont commencé à révéler leurs secrets sur Mar Verde. Il a fallu le travail patient de l’historien militaire José Matos. Et un livre : “Ataque a Conakry: história de um golpe falhado”, [Attaque à Conakry: histoire d’un coup avorté], publié par les éditions Fronteira do Caos. L’auteur y décrit une opération qui selon lui a été absolument unique. « C’est la seule fois dans la longue histoire de la guerre, explique-t-il à RFI, que le Portugal a essayé d’envahir un pays voisin. Dans ce cas spécifique, la capitale d’un pays voisin… L’objectif premier était de promouvoir un coup d’État et d’essayer de remplacer le régime de la République de Guinée, dirigée par Sékou Touré. Cette opération est également légendaire au Portugal parce qu’elle n’a pas été reproduite ailleurs. Une telle opération n’a jamais été entreprise ni en Angola, ni au Mozambique ».


Lire la suite sur RFI