Opération « Mar Verde », échos lusophones (2/3): cibler le PAIGC et Sékou Touré

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Le 22 novembre 1970, une coalition rassemblant des combattants portugais et des opposants guinéens débarquait à Conakry pour essayer de renverser le régime guinéen, neutraliser la rébellion bissau-guinéenne du PAIGC et libérer des prisonniers portugais qu’elle avait capturés. La mémoire guinéenne a baptisé cet épisode « l’agression portugaise ». Les responsables portugais de l’opération l’ont baptisée Mer Verte, « Mar Verde ». Le service lusophone de RFI est reparti sur les traces portugaises et bissau-guinéennes de cette histoire. Dans ce deuxième volet, nous revenons sur les motivations portugaises à participer à cette opération et les raisons de sa fin précipitée.

Si l'opération Mar Verde prévoyait un coup d’État contre Sékou Touré, la principale cible de Lisbonne était effectivement le PAIGC qui se battait contre son armée en Guinée portugaise. Le mouvement de Cabral disposait d’une base arrière à Conakry, en République de Guinée. Depuis 1963 les combats entre Portugais et Bissau-guinéens sont allés crescendo, en termes d’intensité et de violence. Alexandre Carvalho Neto, à l'époque secrétaire du gouverneur de la Guinée portugaise, le général Spínola, a reconnu l’ampleur que la guerre contre le PAIGC avait fini par prendre, lors d’une interview accordée à la chaîne d’État portugaise RTP. « Je suis arrivé à Bissau et je ne dirai pas tous les jours, mais, au moins, toutes les semaines nous entendions les attaques à Tite, qui se trouvait de l’autre côté de la rivière Geba », a raconté le militaire.


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