Un opéra qui donne dégel

Libération.fr

Rarement donnée à l’étranger, «la Fille de neige» de Rimski-Korsakov déploie sa féerie allégorique et folklorique à Paris.

Il y a plus d’un paradoxe dans cette Fille de neige que présente l’Opéra Bastille dans une mise en scène du turbulent Dmitri Tcherniakov, sur une direction sage du chef Mikhail Tatarnikov. D’abord, l’œuvre - supposée être la préférée de Nikolaï Rimski-Korsakov qui l’a composée en 1880 et un des titres phares du monde lyrique russe - n’a jamais été particulièrement prisée à l’étranger. En France, par exemple, elle est rarement donnée, et c’est d’ailleurs le premier opéra de Rimski-Korsakov présenté à l’Opéra de Paris depuis près de quarante-cinq ans. Ensuite, cette œuvre, que le compositeur russe considérait comme sa porte d’entrée dans la maturité, ne reflète pas vraiment sa situation au moment de sa création - lui qui était partagé entre son engagement musical nationaliste auprès du Groupe des Cinq et ses aspirations à la maîtrise des techniques occidentales (sous l’impulsion de Tchaïkovski et l’empire de sa propre curiosité).

La Fille de neige contient certes tout cela : le folklorique et le contrepoint. Mais, peut-être en raison de ses grandes proportions (opéra dépassant les trois heures), de son caractère semi-allégorique, de ses nombreux personnages et scènes de foule, elle semble tenue par une ambition plus dramatique que lyrique. Enfin, même si la distribution de cette production-ci a souffert de nombreux désistements (ceux de la mezzo Ekaterina Semenchuk et du ténor Ramón Vargas), le plateau, comme intouché, brille de mille cristaux vocaux - le plus remarquable par sa clarté et sa légèreté restant celui d’Aida Garifullina, la Fille de neige. La jeune soprano russe se jette dans le rôle tortueux de cette mal-aimée, déçue des sentiments, avec un rien de maladresse mais un grand sens du dépassement de fonctions. Dans le monde des humains que veut traverser la Fille de neige, tout est théâtre : les arrière-plans ont une vie forte, (...)

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