ONU: le Conseil de sécurité divisé sur la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité

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Alors que l’ONU fêtait le 20e anniversaire de la résolution 1325 qui marquait le début d’une législation internationale concernant les femmes, la paix et la sécurité, dix membres du Conseil se sont abstenus de voter un nouveau texte proposé par la Russie. Ils affirment qu’il aurait conduit à remettre en cause les droits des femmes en la matière, acquis à l’ONU depuis vingt ans.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

La Russie ne cache plus son aversion pour discuter des droits humains à New York. L’an dernier déjà, elle s’était abstenue sur deux textes. Cette année, chargée de la rédaction de la résolution-anniversaire de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », qui énonce les droits des femmes et filles dans les conflits, elle a tenté de le vider de sa substance.

Cela aurait pu remettre en cause les dix autres textes sur le sujet, qui ont pourtant valeur de référence lorsqu’il s’agit de rédiger des résolutions concernant les violences sexuelles dans les conflits, ou les missions de maintien de la paix.

La Russie a aussi laissé la Chine y contribuer : Pékin a gommé les notions de droits humains, et les a remplacées par des mentions sur le développement économique.

Priorité de la Chine

« Si vous êtes une femme de la République démocratique du Congo, et que vous avez été violée pendant un conflit, vous voulez un moyen de tenir les responsables - la plupart le veulent, souligne Vanessa Jackson, de l’ONG Care International. Comment l’auteur des faits peut-il être reconnu coupable, et comment être sûr que cela n’arrivera pas à une autre femme dans le village d’à côté ? C’est ce qui leur importe ! Pas l’autonomisation financière. C’est peut-être la priorité de la Chine, mais pas celle des femmes en zones de conflit. »

Cette résolution avait été annoncée comme une célébration. Non votée, elle révèle une division de plus au Conseil de sécurité. Même si les droits acquis sont pour l’instant maintenus.

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