Des ONG russes condamnent le rôle de Moscou dans les crimes de guerre en Syrie

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Pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie, des ONG russes se penchent sur les victimes des opérations militaires, notamment russes. Il s’agit d’un sujet tabou dans les médias proches du pouvoir. En publiant leur rapport, plusieurs groupes de défense des droits de l’homme espèrent éveiller les consciences.

Le rapport de quelque 200 pages cite plus de 150 témoins des événements en Syrie interrogés au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Allemagne ou en Russie. Le document accuse Moscou d'abus, en ayant bombardé sans discernement des civils ou bien soutenu un régime accusé de nombreuses atrocités, comme l'usage d'armes chimiques.

« Cette guerre, ce sont des centaines de milliers de morts, des personnes qui ont subi des tortures atroces, des centaines d’hôpitaux, de marchés, d’écoles bombardés, souligne Ekaterina Sokirianskaya, membre de l'ONG Mémorial. Mais malheureusement, ces dix dernières années, notre société est passée à côté de tous ces sujets. »

Le discours officiel du Kremlin présente l’armée russe comme étant engagée dans un combat juste pour sauver le pouvoir légitime du président Bachar el-Assad des « terroristes ». Mais on ne peut pas tout se permettre au nom de la lutte contre le terrorisme, estime Oleg Orlov, autre membre de Memorial.

« La lutte contre le terrorisme ne justifie par les crimes qui sont commis lors des opérations antiterroristes, dit-il. La guerre doit être menée dans le cadre du droit humanitaire international et plus généralement du droit international. »

Les auteurs du rapport de ne font pas d’illusion quant à la portée de leur enquête en Russie. Memorial comme plusieurs autres ONG qui y ont pris part, sont classées « agents de l’étranger » par la justice russe.