Une ONG alerte l'UE pour inclure le caoutchouc dans l'effort pour lutter contre la déforestation

Les plantations industrielles d'hévéas financées par l'UE contribuent à la déforestation massive en Afrique occidentale et centrale. Mais le caoutchouc reste absent des plans de l'Union européenne pour lutter contre la déforestation, selon une nouvelle étude de l'ONG Global Witness.

"L'Europe est définitivement complice de tout cela. Ce ne sont pas seulement les entreprises et les fabricants de pneus européens, mais aussi les banques européennes qui soutiennent la production de caoutchouc", explique à Euronews Giulia Bondi, chargée de campagne pour les forêts auprès de Global Witness.

Les dirigeants du monde entier ont convenu de mettre fin à la déforestation d'ici à 2030 lors de la récente conférence des Nations Unies sur le climat à Glasgow. Dans cette bataille, l'UE affirme être à la pointe de l’effort.

Mais Global Witness répond que les plantations d'hévéas sont en réalité en expansion, ce qui force les habitants des communautés indigènes à quitter leurs terres et à sombrer dans la pauvreté.

"Le succès du lobbying de l'industrie du pneu a poussé la Commission à retirer le caoutchouc de la liste", souligne Giulia Bondi.

L'Association européenne des fabricants de pneumatiques et de caoutchouc répond dans une déclaration envoyée à Euronews qu'elle s'engageait à "soutenir les initiatives visant à mettre fin à la déforestation."

"Notre industrie, avec d'autres parties prenantes clés, a été active dans la conception de solutions pour une chaîne d'approvisionnement durable en caoutchouc naturel et continuera à le faire."

Elle dit se concentrer "sur la lutte contre la déforestation en faisant la différence sur le terrain, en s'engageant auprès des communautés locales et des petits exploitants."

Les négociations sont en cours sur le plan de déforestation de l'UE et un vote est attendu à l'automne.

Des eurodéputés affirment que la Commission prétend vouloir adopter une approche scientifique, mais qu'elle prend ensuite des décisions à caractère politique.

"Il ne s'agit pas de négocier pour savoir quelle industrie doit être exclue d'un règlement. Il s'agit pour nous, Européens, d'assumer la responsabilité de notre empreinte mondiale en matière de déforestation. Je pense donc qu'il est important que des études, comme celle de Global Witness, nous montrent que nous avons une contribution dans différentes régions du monde", précise l’eurodéputée allemande Delara Burkhardt (S&D).

Les enjeux sont nombreux, dès lors trouver un compromis ne sera pas facile, malgré l'urgence climatique. Les ambitions environnementales de l’UE pourraient donc prendre beaucoup plus de temps que prévu.

Regardez notre reportage vidéo ci-dessus.

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