"One Nation", ce mouvement complotiste qui envisage de s'installer à Digne-les-Bains

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Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence. - Wikimedia Commons
Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence. - Wikimedia Commons

"Faire sécession de la République" et "s'affranchir" de ses lois. Tels sont les objectifs du mouvement complotiste portant le nom de "One Nation". L'une des leaders de ce groupe d'au moins 4 000 membres, actif sur les messageries cryptées, répond au nom d'emprunt d'Alice Pazalmar. Selon une enquête menée par France 2, le mouvement souhaiterait s'implanter dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Avec son collègue Hugo Barbieux, Sophie Broyet est parvenue à infiltrer le mouvement à l'occasion d'un séminaire de trois jours et à rencontrer Alice Pazalmar.

"Cette jeune femme nous a confié avoir déjà des options et des vues très concrètes sur Sisteron et Digne-les-Bains, explique la journaliste à l'Œil du 20 heures à BFM DICI. (...) Elle aurait trouvé une petite mamie aux alentours de Digne, propriétaire d'un terrain de 400 hectares, sans aucune descendance, avec qui elle s'acoquine, qu'elle rencontre, avec qui elle est en train de préparer un petit peu l'avenir."

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Créer un "One Lab"

La figure de proue de "One Nation" souhaiterait récupérer cette parcelle à la mort de cette "petite mamie" avant qu'elle ne tombe dans l'escarcelle de l'État y installer un "One Lab", une entité territoriale qu'elle qualifie d'"oasis", un lieu "d’expérimentation libre pour incarner un nouveau paradigme".

Alice Pazalmar avait pour objectif initial d'établir son mouvement dans le Lot. Ses membres "ont levé une somme pharaonique, souligne Sophie Broyet. Le terrain coûtait, je crois, 750.000 euros. Ils ont réussi à réunir par une cagnotte de crowdfunding 260.000 euros en à peu près dix jours. Ce qui est exceptionnel et qui donne un indice du profil des adhérents acquis à cette cause-là. Il y avait en moyenne de dons de 500 euros".

L'affaire, qui inquiétait le maire et les habitants de la commune où elle souhaitait s'établir, a finalement capoté, le terrain ayant été préempté.

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"Le message se radicalise"

Contactés par notre antenne, ni la préfecture, ni les maires de Sisteron et Digne-les-Bains, ni les forces de l'ordre n'ont été informés de ce projet d'installation. Selon Sophie Broyet, le mouvement est néanmoins suivi par la Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires et décrit comme "complotiste conspirationniste".

"One Nation" est né en 2019 et s'est répandu sur Facebook et YouTube, retrace Sophie Broyet. La personnalité d'Alice Pazalmar, "ancienne infirmière psy, séparée, deux enfants", apparaît alors.

Elle "va prôner des valeurs de paix, une approche très fleur bleue, très hippie, très New Age, développe la journaliste de France 2. Un message très brouillé mais quand vous approchez la personnalité, vous vous rendez compte que le message se radicalise. Rien qu'à voir ses échanges sur les réseaux sociaux et même quelques vidéos, avec des messages politiques très forts, très radicaux".

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Brûler ses papiers d'identité, rouler sans plaque d'immatriculation...

Les messages en question reprennent un discours anti-vaccin "très fort" et "pro hydroxychloroquine". Les participants "sont terriblement convaincus que cette maladie a été inoculée par l'État, que le Covid est là pour nous asservir". Le mouvement tend également à éviter les médecins, au point de recourir à l'accouchement naturel et à ne pas consommer de médicaments.

Avec "One Nation", Alice Pazalmar vise plus largement à "créer à l'avenir un État dans l'État". "C'est vraiment propre à ce mouvement. C'est le grand projet de 'One Nation'", souligne Sophie Broyet. Pour cela, elle incite les membres à se couper de ce qui les ratache à la République française, en brûlant leur pièce d'identité ou en roulant sans plaque d'immatriculation.

"Elle arrive à conquérir pas mal de monde autour d'elle sur ces thématiques-là, fait remarquer l'autrice de l'enquête. Elle se veut pacifiste, ne fait pas appel à la violence."

Alice Pazalmar se veut également discrète et méfiante. Elle "refuse les interviews, elle refuse de se laisser approcher par les médias, qu'elle considère comme vendus au pouvoir politique".

Article original publié sur BFMTV.com

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