Omicron et le Covid menacent le football français

·6 min de lecture
À l'image de l'effectif de l'Olympique lyonnais, de plus en plus de clubs de Ligue 1 voient leurs joueurs frappés par le coronavirus. Au point de faire planer la menace de voir de matches professionnels reportés ou annulés dans les jours qui viennent (photo d'illustration prise mi-décembre à l'occasion du match entre le Losc et l'OL). (Photo: Pascal Rossignol / Reuters)
À l'image de l'effectif de l'Olympique lyonnais, de plus en plus de clubs de Ligue 1 voient leurs joueurs frappés par le coronavirus. Au point de faire planer la menace de voir de matches professionnels reportés ou annulés dans les jours qui viennent (photo d'illustration prise mi-décembre à l'occasion du match entre le Losc et l'OL). (Photo: Pascal Rossignol / Reuters)

CORONAVIRUS - Comme le reste de la société, le football français n’en a pas fini avec le Covid. Après deux ans de pandémie marqués par des stades vides et des pertes financières abyssales, c’est désormais la résurgence du virus liée à la propagation du variant Omicron qui vient perturber les clubs de l’hexagone.

19 cas de coronavirus au SCO d’Angers obligé de demander le report d’un match, une vingtaine de contaminations chez les Girondins de Bordeaux, la star de l’Olympique lyonnais Lucas Paqueta confinée aux Émirats arabes unis, un début de foyer de contamination à Rennes... Alors que les clubs professionnels reprennent le chemin de l’entraînement en ces derniers jours de 2021 après une coupure de quelques jours à Noël, les problèmes s’amoncellent.

Et ce, alors que les seizièmes de finale de la Coupe de France sont prévus entre les 2 et 4 janvier, avant une journée de Ligue 1 le week-end suivant. De quoi faire planer la crainte de voir la saison bouleversée, que ce soit par des reports de matches ou une équité sportive chamboulée par des forfaits. La preuve avec un premier report annoncé ce vendredi 31 décembre: celui de la rencontre de championnat prévue le 9 janvier entre Angers SCO et l’AS Saint-Étienne.

“Disputer ce match avec 15 absents? Ça n’a aucun sens”

Un cas éloquent concernant la résurgence du Covid liée à Omicron est celui du club de Bordeaux. Enlisé dans une saison galère en championnat, le club doit disputer son match de Coupe dimanche 2 janvier à 13h45 sur la pelouse de Brest. Sauf qu’à l’heure où sont écrites ces lignes, 21 joueurs de l’effectif des Girondins ont été testés positifs au Covid au cours des deux dernières semaines, tout comme plus de la moitié du staff.

Entre la quinzaine de joueurs placés à l’isolement, ceux qui reprennent tout juste après leur quarantaine et qui ne seront donc pas en forme pour jouer, et de possibles nouvelles contaminations d’ici au coup d’envoi, il est encore très loin d’être garanti que Bordeaux puisse aligner suffisamment de joueurs ce dimanche (il en faut au moins sept étant apparus sur l’une des deux dernières feuilles de match officielles, ndlr, une règle qui devrait être suspendue, selon les informations de RMC).

“Disputer ce match à Brest avec 15 absents? Cela n’a aucun sens”, s’est insurgé dans les colonnes de L’Équipe Admar Lopes, le directeur technique du club. “C’est un manque de respect pour la plus vieille des compétitions de France”, ajoute-t-il déplorant avoir déjà dû jouer contre Lille en championnat malgré une grosse douzaine d’absents. “J’ai la sensation qu’on ne nous respecte pas. Ni le métier de mes joueurs, ni leur santé. On marche sur la tête.”

La prochaine journée de Ligue 1 en danger

D’autant que la Fédération française de football, qui organise la Coupe de France et qui est donc responsable du protocole sanitaire appliqué pour ce match, a d’ores et déjà écarté l’idée de reporter la rencontre si Bordeaux était dans l’incapacité d’y aligner une équipe compétitive. L’instance explique pour se justifier qu’elle ne fait qu’appliquer le règlement qui a été transmis aux clubs avant les 32e de finale de la Coupe de France, disputés mi-décembre.

Et il n’y a pas que la doyenne des compétitions qui est en danger pour le début d’année 2022. Du côté du SCO d’Angers, éliminé de la Coupe par les amateurs de Linas-Montlhéry lors du tour précédent, la journée de Ligue 1 programmée entre le 7 et le 9 janvier est très rapidement apparue menacée. Et après des échanges entre le club et la Ligue de football professionnel, le report de la rencontre Angers - Saint-Étienne a été acté ce vendredi.

Dans le club du Maine-et-Loire, où 19 cas de Covid avaient été répertoriés à l’heure de la reprise de l’entraînement, jeudi 30 décembre, une demande officiel de report du match contre Saint-Étienne avait été déposée la veille.

Pour argumenter sa requête, le club avait précisé que 10 joueurs parmi les 19 testés positifs à date ne seraient de toute façon pas autorisés à rejouer avant le 10 janvier. Quand bien même il aurait échappé à de nouvelles contaminations, cela laissait donc le club en bien mauvaise posture avant de recevoir les Stéphanois.

Un peu comme avant la trêve d’ailleurs, les Angevins s’étant lourdement inclinés à Montpellier où ils se déplaçaient sans cinq de joueurs, déjà contaminés.

De plus en plus de clubs concernés

Deux exemples -Bordeaux et Angers- particulièrement éloquents qui, s’ils sont extrêmes, sont loin d’être isolés dans le paysage du football français. Ne serait-ce qu’en Ligue 1, on peut aussi évoquer le Stade rennais qui déplorait six ou sept joueurs positifs au Covid à l’heure de reprendre l’entraînement jeudi 30 décembre, les cinq Lorientais priés la veille de s’isoler au lieu d’effectuer leur rentrée, l’entraîneur de Strasbourg Julien Stéphan qui sera tenu dix jours à l’écart de ses ouailles par la quarantaine liée à son test positif...

Et l’on peut ajouter à la liste l’Olympique lyonnais, qui a vu au moins sept de ses joueurs être testés positifs mercredi 29 décembre pour la reprise, et cela à trois jours d’un départ en stage en Espagne qui a finalement été annulé. Pire, l’OL fait face à un cas particulier, celui de sa star brésilienne Lucas Paqueta. Celui-ci a été testé positif au cours de ses vacances à Dubaï, et se voit désormais obligé de se confiner en famille aux Émirats arabes unis pour rester dans le cadre des règles sanitaires instaurées sur place.

Autant d’éléments qui font craindre des heures compliquées pour le football français en pleine cinquième vague de coronavirus. Dans d’autres sports comme à l’étranger, le variant Omicron est déjà en train de perturber de façon notable les calendriers et les programmes sportifs. Et cela pourrait donc aller bien au-delà d’une simple jauge dans les stades.

À voir également sur le HuffPost: Coupe de France: Paris FC-OL définitivement arrêté après des incidents

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI:

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles