Comment Omicron change la donne à l'hôpital: l'AP-HP dévoile de premières données

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COVID - Les infections ont connu une progression fulgurante sous la poussée du variant Omicron, extrêmement contagieux, mais les premiers patients touchés par ce variant resteraient moins longtemps hospitalisés. C’est ce que révèlent des travaux préliminaires de l’AP-HP publiés ce lundi 10 janvier, sur le site de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris.

L’étude se base sur une population de 3112 patients hospitalisés à l’AP-HP entre le 1er décembre 2021 et le 4 janvier 2022 et veut mettre en lumière les différences entre le variant Omicron et le variant Delta sur les passages en soins critiques et les temps d’hospitalisation. À noter toutefois que les tranches d’âge, le statut vaccinal et les comorbidités ne sont pas renseignées dans cet échantillon, ce qui peut entraîner des biais.

On peut ainsi voir que sur une population de 1119 patients infectés par Omicron, ils sont 482 à rester en hospitalisation conventionnelle pour “un séjour très court” d’un jour ou moins. En revanche, du côté du variant Delta, sur 955 patients entrés en hospitalisation conventionnelle, ils sont seulement 217 à rester hospitalisés pour une durée maximum d’un jour.

Cela signifie donc que 43% des patients touchés par Omicron connaissent un séjour d’hospitalisation “très court” contre seulement 19% des personnes atteintes du variant Delta.

Réanimations stables, hospitalisations en hausse

Par ailleurs, parmi les personnes qui après leur arrivée en hospitalisation conventionnelle restent plus d’un jour, elles ne sont que 5% à aller ensuite en soins critiques lorsqu’elles sont infectées par le variant Omicron contre 14% lorsqu’elles sont positives au variant Delta.

“L’analyse du parcours de ces patients permet d’établir que pour cette population de patients, et pour la période étudiée, la probabilité d’avoir recours aux soins critiques (soit directement, soit après un passage par l’hospitalisation conventionnelle) est trois fois plus élevée chez les patients infectés par le variant Delta que par le variant Omicron”, explique l’AP-HP,

Ces premières données montrent par contre qu’Omicron entraîne de plus en plus d’hospitalisations conventionnelles, avec au moins 54 % des admissions pour Covid sur la dernière semaine analysée. Les graphiques ci-dessous montrent bien que plus le temps passe (et plus le variant se répand sur le territoire), plus le nombre d’hospitalisations liées à Omicron augmente (graphique en haut à gauche). À l’inverse, pour les soins critiques, l’évolution est stable.

Des données partielles à affiner

Encore une fois, il faut rappeler que ces données analysent une vague d’Omicron très récente et, surtout, ne sont pas assez détaillées. Elles permettent d’avoir un tableau de ce qu’il se passe actuellement dans les hôpitaux à cause de ces deux variants, mais pas de dire avec certitude à quoi cette différence entre Omicron et Delta est réellement due.

Ainsi, les graphiques de l’AP-HP ne permettent pas de vérifier le profil type des patients touchés par Omicron en comparaison de ceux infectés par Delta. S’ils sont par exemple plus jeunes, ou plus vaccinés, il serait logique que leur séjour soit plus court et que le risque de passage en réanimation soit plus faible. On sait en effet que le risque de forme grave augmente avec l’âge et que le vaccin (avec deux doses et encore plus avec le rappel) diminue ce risque.

Contactée par Le HuffPost, l’AP-HP précise que des données plus détaillées seront bientôt disponibles, mais qu’elles vont d’abord être soumises à des revues scientifiques en vue d’une publication après une relecture par des pairs.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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