OM: "On n’avait pas besoin de ça", les supporters marseillais divisés face à la crise

OM: "On n’avait pas besoin de ça", les supporters marseillais divisés face à la crise

Un véritable séisme. L’OM traverse une période de turbulences spectaculaire depuis quelques jours. La réunion tendue qui a eu lieu lundi entre les dirigeants du club et des responsables de groupes ultras a débouché sur une véritable crise à Marseille. Choqué par les échanges musclés auxquels il a assisté, l’entraîneur Marcelino a annoncé son départ, trois mois après son intronisation. Jacques "Pancho" Abardonado a été nommé coach intérimaire pour le suppléer. Le président Pablo Longoria, qui a écarté l’idée d’une démission, s’est mis en retrait, tout comme Javier Ribalta (directeur du football), Stéphane Tessier (directeur financier) et Pedro Iriondo (directeur centre de formation).

Dans ce contexte houleux, les supporters marseillais apparaissent divisés. "C’est vraiment dommage pour le club, la ville et les supporters, a réagi Omar Keddadouche, le président du club amateur de l’ASC Vivaux-Sauvagère, sur BFM Marseille. On n'avait pas besoin de ça, on a un super président quoi qu'on puisse en dire. Je suis pour son maintien à la tête de l'OM, des erreurs ont été faites mais ça se corrige. Ce qui se passe en ce moment n'est pas dans l'intérêt du club. Je pense que l'entraîneur n'avait pas les épaules. Démissionner au bout de cinq journées montre qu'il n'était pas fait pour le job (…) Les menaces, on ne peut pas les accepter. On peut être mécontents, en colère, mais il y a une ligne à ne pas dépasser."

"Un scandale pur et simple"

Au cœur de cet épisode de tensions, Rachid Zeroual cristallise de nombreuses critiques. Une pétition a même été mise en ligne pour demander son départ. Le leader historique des South Winners (l’un des principaux groupes ultras de l’OM) a été l’un des plus virulents lors de la réunion de lundi avec les dirigeants, même s’il dément avoir proféré des menaces de mort. Sur les réseaux, beaucoup dénoncent son comportement, en l’accusant de nuire aux intérêts du club phocéen. Des supporters ont aussi appelé à un rassemblement samedi devant la Commanderie pour soutenir Pablo Longoria et Javier Ribalta.

Morgan, un abonné au Vélodrome, fait partie des fans agacés par les récents événements. Et il l’a fait savoir en poussant un coup de gueule dans Rothen s’enflamme sur RMC: "On parle de 30 personnes qui ont soi-disant représentés 24.000 abonnés dans les virages. Sur ces 24.000, je pense qu’il y en a 20.000 qui sont contre ce qu’il s’est passé. C’est un scandale pur et simple (…) Si les quatre dirigeants en face d’eux démissionnent comme ils leur demandent, il reste McCourt (le propriétaire américain, ndlr) avec son entourage, qui ne comprend absolument rien au foot et qui s’en fout de l’OM. Il va nous mettre un mec comme Eyraud (l’ancien président du club), qui nous a fait des catastrophes industrielles que Longoria a dû éponger pendant ses premières années de présidence. C’est impensable ce qu’ils ont pu faire lors de cette réunion."

"On a su se relever de situations plus compliquées"

Alors qu’une pétition a été lancée afin de réclamer le maintien de Pablo Longoria à la présidence de l’OM (elle comptait 45.000 signatures ce jeudi matin), Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a livré son point de vue dans Rothen s’enflamme. En affirmant que le "système de pression" avait "toujours existé" à l’OM, mais qu’il était désormais "pire qu'avant". "On est passés à une autre étape, a-t-il expliqué. Mais si le club de Marseille, qui est un club de dimension mondiale avec une possibilité de développement incroyable, s'arrête à la personnalité de M. Zeroual, alors on a un très gros problème dans le football français..."

Supporter emblématique des Olympiens, "Titi, c’est le boss" s’est lui aussi exprimé sur BFM Marseille. Avec une note d’espoir: "C’est un peu compliqué en ce moment, mais on a su se relever de situations beaucoup plus compliquées. Donc on va relever la tête et on sera toujours là. On a connu pire il y a quelques années, on va se relever."

"C’est normal qu’ils défendent le club"

Max, un fan marseillais interrogé par RMC, défend les agissements de Rachid Zeroual et des ultras: "Ce sont des groupes qui s’investissent pour le club. On ne peut pas négliger ces gens-là, qui vont au stade, se déplacent, qui donnent tout ce qu’ils ont. C’est normal qui prennent la parole et qu’ils défendent le club."

Samia Ghali, l’adjointe au maire de Marseille (Benoît Payan), est sur la même longueur d’ondes. "Ça ne m’inquiète pas, on a la chance d’avoir à Marseille des supporters exceptionnels avec cette fougue qui les emporte par moments, a estimé l’élue de 37 ans sur BFM Marseille. Une chose est sûre: ils aiment le stade Vélodrome, l’OM et ça n’a pas de prix. Les clubs de supporters, c’est le vrai Marseille avec tout ce que ça comporte, le bon et le pas bon. Je n’ai pas d’inquiétude sur le fait que les choses finissent par s’apaiser."

"A l’intérieur des associations, certains ont été surpris"

Présent mercredi dans Apolline Matin sur RMC, Eric Di Meco, a donné son sentiment sur ce dossier brûlant: "Le pouvoir des supporters n’est pas nouveau, il a été instauré il y a très longtemps, ça a souvent arrangé les présidents parce que c’est une force malgré tout. Bien sûr qu’ils ont un pouvoir de nuisance, a expliqué notre consultant, vainqueur de la Ligue des champions 1993 avec l’OM. Ce qui est gênant dans cette histoire, c’est que les supporters ne sont pas d’accord entre eux. Ceux qui se sont exprimés ne reflètent peut-être pas la majorité de ce que pensent les supporters. Même à l’intérieur des associations, j’ai cru comprendre que certains ont été surpris de la teneur de la réunion de lundi soir..."

Article original publié sur RMC Sport