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Olivier Babeau : « L’audiovisuel public ne peut être légitime que s'il est parfaitement neutre »

L’audiovisuel public fait partie en France de ces monuments, au même titre que la politique culturelle dont il procède en partie, auxquels on ne touche jamais sans provoquer de vives réactions. Trois questions essentielles devraient pourtant faire l’objet d’une réflexion sans tabou.

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La première est la plus rarement abordée : celle de la raison d’être de l’audiovisuel public. L’histoire, l’importance symbolique, le poids politique : tout concourt à faire de nos radios et télévisions publiques des vaches sacrées. Dans un pays où la présence de l’État dans de nombreux domaines de l’économie et de la société est le fruit d’une longue tradition, le risque de toute réflexion concernant les évolutions souhaitables de cette présence est de la considérer comme allant de soi. On s’interdit du même coup toute refondation d’envergure et on se condamne à des adaptations cosmétiques.

Pourquoi faut-il un audiovisuel public ? Pourrait-on imaginer qu’il n’y en ait pas ? Il faudrait toujours oser reposer la question de la légitimité de l’intervention publique dans tous les domaines allant au-delà des missions purement régaliennes. On a trop tendance à la prendre pour une évidence. Nous devrions pouvoir réinterroger l’utilité d’une institution qui coûte chaque année près de 4 milliards d’euros aux contribuables français. Une intervention de l’État n’a de légitimité que si le libre jeu des initiatives individuelles et du marché n...


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