Olivier Véran : la méthode du ministre de la santé pour tenir le coup

Son nom est apparu au grand public lors de la passation de pouvoir avec Agnès Buzyn, ministre de la santé démissionnaire pour devenir candidate à la mairie de Paris. Olivier Véran, alors député LREM de l'Isère a repris les dossiers en cours et surtout la crise du coronavirus qui, à l'époque mi-février, n'était pas encore à son point culminant. Ce neurologue de 39 ans, ancien praticien au CHU de Grenoble n'a plus quitté Paris depuis le jour du vote du premier tour des élections municipales, le 15 mars dernier - un vote qu'il aurait préféré voir reporté. Comme le raconte Le Monde qui lui consacre un long portrait, Olivier Véran a dit au revoir à ses deux enfants de 6 et 9 ans, restés confinés à Grenoble avec leur mère, gynécologue, dont il est séparé.

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Dès sa prise de fonction, il mesure la gravité de la situation qui s'annonce et ne s'en cache pas dans la presse, dans les premières interviews qu'il accorde, quitte à paraître trop alarmiste, estiment certains. Depuis, le ton a changé, ces mêmes interlocuteurs lui reprochant l'inverse, commente le journal. Ses pairs le soutiennent, à l'instar du professeur André Grimaldi, fondateur du collectif Inter-Hôpitaux qui estime qu'il "fait le job, avec le ton juste". Décrit comme très accessible et bon communicant, il reste joignable en permanence et échange par SMS avec la communauté scientifique. "C'est le premier ministre dont j'ai le portable depuis Xavier Bertrand", souligne Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France. Expliquer, débattre, c'est sa marque de fabrique.

Au ministère de la Santé, seuls cinq conseillers sont physiquement présents à ses côtés, mais à bonne distance. Jugé sérieux et efficace par Emmanuel Macron et Edouard Philippe - avec qui il jouait au football -, Olivier Véran se partage entre l'Elysée, Matignon et son ministère, un grand bâtiment sans âme, déserté. Seul sur place, il y travaille et y dort, gérant lui-même

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