Olivennes – Griveaux : l'irrésistible ascension des nouveaux puritains

Denis Olivennes (*)

Benjamin Griveaux, victime d'un réglement de comptes ?

La divulgation d'une vidéo intime et sexuelle menace la vie privée et les fondements mêmes de notre civilisation s'inquiète Denis Olivennes.


Il y a trois ans, en publiant Mortelle transparence avec Mathias Chichportich, nous voulions tirer le signal d'alarme : la société des réseaux sociaux organisait la propagation virale d'une idéologie puritaine importée des États-Unis et parfaitement contraire à nos mœurs et à nos valeurs. C'est un puritanisme d'un nouveau genre qui se prétend libertaire et progressiste, mais avance les mêmes arguments de transparence, de lutte contre l'hypocrisie, de défense de la vertu et de la pureté morale. 

L'idée de la protection de la vie privée est inséparable de celle des droits de l'homme. Elle en est le socle. Elle a été inventée par la France des Lumières pour pour protéger l'individu contre les inquisitions de l'absolutisme. Dès lors que vous n'enfreignez pas la loi, nul n'a le droit d'entrer dans votre intimité et de savoir ce que sont vos idées, vos propos, vos mœurs, vos rapports familiaux, amicaux, amoureux ou sexuels. Or, sous l'effet d'une idéologie venue d'outre-Atlantique [1], combinée avec la puissance tellurique des technologies numériques et soutenue par l'intérêt bien compris des grandes plateformes US que sont les Gafa, cette conquête de la Révolution française pourrait bien n'avoir été, pour reprendre l'expression d'un dirigeant de Google, qu'une « parenthèse de l'histoire de l'humanité » ! Et c'est chacun d'entre nous, puissant ou pas, célèbre ou inconnu, qui est, à terme, menacé. C'est ce que dit d'une manière tristement éclatante l'affaire Griveaux. Et elle le dit de deux façons.

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