« Oligarque », le nouveau roman d'Elena B. Morozov qui dépeint une Russie vérolée de l'intérieur

© DR

Tout commence à Perm, dans l’Oural. Par un deuil puis un crime. De l'un découlera l'autre. Une usine au temps du communisme, une direction corrompue, des ouvriers qui trinquent. Dans les deux sens du terme. Le jeune orphelin Grigori Yurdine, pur produit de la méritocratie soviétique, est sorti brillamment de l'Institut polytechnique. Il va rejoindre l'usine de son père adoptif mais il est sûr de gravir les échelons à vitesse grand V de la Permski Kabelny Zavod.

Première déconvenue. Le poste auquel il aspire lui passe sous le nez. Mais Yurdine ne se décourage pas, il bûche les dossiers. Il a le goût des chiffres. De ceux qui s'alignent et ont un sens. Or, ce qu'il découvre n'en a pas. Rien ne colle. La suite est une classique prise de pouvoir basée sur un chantage facile auquel le directeur de l'usine ne peut rien. A part récupérer les dividendes juteux que lui accorde tout de même ce jeune Yurdine. Le roman prend alors son envol tout comme son personnage. Ce Russe à la personnalité mystérieuse, grand amateur d'échecs, ultra-protecteur de sa sœur Lena, cette dernière entichée d'un Français de l'Ambassade de France, pédant et imbus de sa personne. On commence par détester Yurdine puis peu à peu à on s’entiche du personnage, en mal de reconnaissance sociale. Comme tous les hommes de pouvoir hypra-intelligents, personne au fond ne sait qui il est véritablement et ce qui le motive. L’argent, le pouvoir, oui évidement mais pas que. Un gentleman né dans une nation brutale et sans ...


Lire la suite sur LeJDD