Oleksiy Goncharenko, député ukrainien: «La création d’un tribunal pénal ad hoc est très importante»

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a appelé jeudi 28 avril à la création d’un « tribunal pénal international ad hoc », pour juger « les auteurs du crime d’agression contre l’Ukraine », y compris de hauts dirigeants russes. Pour promouvoir cette initiative, le député ukrainien Oleksiy Goncharenko s’est déplacé en France.

RFI : Vous suivez au plus près tout ce qui se déroule sur le terrain en Ukraine. Que se passe-t-il réellement sur la ligne du front ces derniers jours ?

Oleksiy Goncharenko : Il y a beaucoup de combats à l’est de notre pays, au sud de notre pays, près de ma ville natale d’Odessa. Odessa, c’est aussi la plus grande ville française ukrainienne. Le premier gouverneur d’Odessa était le Premier ministre de France, le duc de Richelieu [nommé en 1803 par le tsar Alexandre Ier, NDLR], après la restauration des Bourbons. Malheureusement, il y a beaucoup de frappes avec des missiles dans tout le territoire d’Ukraine. Jeudi, Kiev, la capitale, a été attaquée au même moment où le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies [Antonio Guterres] était à Kiev en visite.

Que veut dire exactement le président russe Vladimir Poutine avec ces frappes ?

Le symbole, c’est que Poutine dit : « Je ne veux pas la paix, je veux tuer, je veux détruire. » Je pense que tout le monde doit réagir.

Est-ce que Odessa peut avoir le même sort que Marioupol ?

Je ne veux pas penser à la possibilité de la destruction d’Odessa. Mais Marioupol, aujourd’hui, c’est un symbole comme Auschwitz, Buchenwald, comme Guernica, comme Coventry, comme Stalingrad, comme Alep. C’est le nouveau symbole de la terreur de la guerre.

Vous avez parlé de la réaction de la part de toute la communauté internationale. La France et d’autres pays de l’Europe livrent de plus en plus d’armes à l’Ukraine. Est-ce suffisant pour vous et qu’attendez-vous de la part de l’Europe ?

Premièrement, je voudrais dire merci beaucoup à la France, à la nation. Je voudrais aussi dire merci aux Français ordinaires qui aident beaucoup les réfugiés ukrainiens. Nous voulons plus d’armes, nous voulons plus de sanctions contre la Russie. Premièrement, un embargo sur l’achat de gaz russe est très important pour la perspective européenne de notre pays parce que pour nos populations, c’est un symbole de soutien. Parce qu’aujourd’hui, les Ukrainiens meurent pour ces valeurs et pour l’Europe. Et je pense qu’après cela, nous devons nous joindre à la famille politique européenne.

Vous êtes revenu de Strasbourg où s'est tenue la session de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) où la Russie n’est plus présente. Que s’est-il passé exactement pendant cette session ? Est-ce que vous avez vu des progrès importants ?

C’était une très importante session et c’est pourquoi je suis parti d’Ukraine pour la première fois en deux mois, parce qu’il y a eu quelques reports de résolutions sur la situation en Ukraine. Et la deuxième résolution qui a été approuvée jeudi est très importante pour nous, afin de demander la création en urgence d’un tribunal pénal ad hoc contre les dirigeants militaires et politiques de la Russie, pour faire qu'il soit possible d’arrêter et d’interroger Poutine.

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