Une offre pour racheter Carelide, l’unique fabricant français de poches de perfusion

Le député du parti de gauche La France Insoumise (LFI) François Ruffin participe à un rassemblement de salariés de Carelide manifestant pour demander la reprise de l’entreprise, placée en redressement judiciaire à Mouvaux, le 13 janvier 2023.
DENIS CHARLET / AFP Le député du parti de gauche La France Insoumise (LFI) François Ruffin participe à un rassemblement de salariés de Carelide manifestant pour demander la reprise de l’entreprise, placée en redressement judiciaire à Mouvaux, le 13 janvier 2023.

ÉCONOMIE - « Magnifique nouvelle pour l’emploi à Tourcoing et Mouvaux ! » Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer et ancien maire de Tourcoing, s’est réjoui ce vendredi 13 janvier sur Twitter que l’entreprise nordiste Carelide ait fait l’objet d’une offre de rachat, déposée en l’occurrence par les laboratoires français Aguettant et Delpharm. Ce fabricant, le seul en France à concevoir des poches de perfusion destinées aux hôpitaux, avait été placé en redressement judiciaire.

L’offre de reprise de Carelide, société qui emploie environ 450 personnes, doit désormais être examinée lors de deux audiences au tribunal les 25 janvier et 17 février, a précisé Éric Feldmann, président du tribunal de commerce de Lille-Métropole.

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Au-delà de Gérald Darmanin, la nouvelle a suscité la réaction de nombreux politiques. « Je me réjouis du dépôt de cette offre par Delpharm, et les laboratoires Aguettant, un, industriel sérieux », a par exemple déclaré à l’AFP le ministre de l’Industrie, Roland Lescure. « Bien entendu, rien n’est encore fait, et l’offre de Delpharm doit encore être travaillée. L’État sera au soutien financièrement de tout repreneur crédible pour une reprise de Carelide », a-t-il ajouté.

« Je suis Carelide »

« Après l’annonce officielle de l’offre de reprise par le groupe Delpharm-Aguettan, j’ai tenu à me rendre à Carelide pour partager avec les salariés cette bonne nouvelle », a également annoncé sur son compte Twitter la députée du Nord, Violette Spillebout, qui appartient à la majorité présidentielle.

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Cette décision représente surtout un réel soulagement pour la centaine de salariés qui étaient dans l’attente depuis des semaines d’une proposition convaincante de reprise. Juste avant cette annonce, environ 200 employés avaient manifesté dans la matinée à Mouvaux, tout près de Tourcoing, défilant avec de faux cercueils et des croix. « Je suis Carelide » ou encore « La perfusion arrive à sa dernière goutte », pouvait-on lire dans le cortège.

« C’est l’action de la dernière chance », estimait alors Meryam Djidel, déléguée syndicale CGT. « On fait du bruit pour se sauver. On aurait dû le faire avant, mais on ne l’a pas fait pour ne pas faire peur aux repreneurs. » Plusieurs élus, dont le président LR du Conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand et le député LFI de la Somme François Ruffin, accompagnaient les salariés. « S’il y a un repreneur ce midi c’est grâce à vous ! Sans syndicat et salariés, le dossier restait en bas de la pile », avait lancé ce dernier.

La hausse des prix des plastiques l’a mis dans le rouge

Exposée à une « impasse de trésorerie » estimée pour les mois de janvier et février à « pas loin de 10 millions d’euros », la société « avait préféré se mettre sous protection de justice » fin octobre « dans l’optique de trouver un cessionnaire », avait indiqué en novembre à l’AFP Éric Feldmann, le président du tribunal de commerce.

L’entreprise est notamment confrontée à une hausse des prix des plastiques, « très difficilement reportable » sur son marché, « celui des hôpitaux principalement », car ses principaux concurrents, un groupe allemand et l’américain Baxter, « pratiquent des prix très bas en France », avait-il alors développé.

En octobre 2020, en pleine crise sanitaire, le gouvernement avait octroyé une aide de 5 millions d’euros à Carelide pour lui permettre d’augmenter sa capacité de production et d’automatiser certains procédés de fabrication.

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