Offensive russe sur l'est, Lviv bombardée... La situation au 54ème jour de l'invasion russe en Ukraine

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La ville de Lviv bombardée, le 18 avril 2022 - YURIY DYACHYSHYN / AFP
La ville de Lviv bombardée, le 18 avril 2022 - YURIY DYACHYSHYN / AFP

De l'est à l'ouest de l'Ukraine, plusieurs villes importantes ont été touchées par des frappes russes ce lundi, entraînant de nouveau des morts et des blessés parmi la population civile, selon les autorités ukrainiennes. Une situation d'autant plus dramatique que pour la deuxième journée consécutive, aucun couloir humanitaire n'a été mis en place pour évacuer les habitants des zones bombardées, ce en raison d'un "blocage" des Russes, d'après Kiev.

En tout, près de 5 millions d'Ukrainiens ont fui le pays depuis le début du conflit, selon le dernier décompte du Haut-Commissariat aux Réfugiés.

· L'offensive russe dans l'est "a commencé"

Ce lundi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que l'offensive des troupes russes contre l'est de l'Ukraine avait "commencé", confirmant les déclarations du gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.

"C'est l'enfer. L'offensive a commencé, celle dont on parle depuis des semaines", avait déclaré ce dernier sur Facebook. "Il y a des combats à Roubijné et Popasna, des combats incessants dans d'autres villes pacifiques", a-t-il affirmé, peu après avoir annoncé sur Telegram la mort de quatre civils à Kreminna, une ville prise lundi par les Russes.

Au moins huit civils ont été tués au cours de la journée lors de bombardements russes dans les régions de Donestk et Lougansk. Quatre d'entre eux ont été tués alors qu'ils tentaient de fuir Kreminna. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accusé dimanche soir la Russie de vouloir "détruire" toute la zone orientale du Donbass.

Au sud du Donbass, à Marioupol, encore "20 à 25% de la ville est toujours défendue, sous le contrôle de l'armée ukrainienne", expliquait ce lundi sur BFMTV le maire-adjoint, Sergueï Orlov, ajoutant qu'il reste "entre 100.000 et 130.000 civils qui souffrent du manque d'eau et de nourriture" sur place.

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La ville de Marioupol "tiendra jusqu'au bout", a assuré de son côté ce lundi sur BFMTV Igor Zhovkva, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il rappelle que les Russes ont déjà demandé plusieurs fois aux militaires ukrainiens de se rendre mais ces derniers "ne l'acceptent pas et vont défendre la ville".

· Trois morts à Kharkiv de nouveau bombardée

Des bombardements russes sur Kharkiv, grande ville du nord-est de l'Ukraine, ont fait au moins trois morts lundi, ont annoncé les autorités locales, au lendemain de frappes ayant déjà fait six morts. "On a une situation très tendue et difficile à Kharkiv", a raconté sur BFMTV Ievgenii Lutsenko, habitant de cette ville, déclarant qu'il "n'y a pas d'endroit sécurisé à Kharkiv".

Selon le Parquet régional, un obus tombé en fin de matinée sur un terrain de jeu pour enfants dans une zone résidentielle a provoqué la mort d'un homme et d'une femme et endommagé des immeubles. Le directeur d'un centre d'aide médicale d'urgence, Viktor Zabachta, a de son côté indiqué à l'agence Interfax-Ukraine qu'une frappe sur un centre de distribution d'aide humanitaire ce lundi avait fait un mort et six blessés.

· Sept mort à Lviv, à l'Ouest du pays

Au moins sept personnes ont été tuées, et onze blessées, lundi dans des frappes de missiles russes sur Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. Davantage épargnée par les conflits depuis le début des combats, cette ville a servi de zone de repli à de nombreux Ukrainiens fuyant les bombardements du début de la guerre à l'est.

Les autorités locales ont répété toute la journée que ces frappes avaient visé volontairement des infrastructures civiles. "Aujourd'hui ils ont frappé la station-service et des travailleurs de cette station-service sont morts", a déclaré sur notre antenne Halyna Vasylchenko, députée ukrainienne de Lviv, pour qui "les Russes ne combattent pas l'armée ukrainienne mais combattent plutôt notre population civile".

"Malheureusement à cause de ces attaques ce matin sept personnes sont mortes et onze personnes ont été blessées, dont deux dans un état grave y compris un enfant", a également expliqué sur notre antenne Andriy Moskalenko, premier adjoint au maire de Lviv, parlant de "génocide" de la population ukrainienne.

L'armée russe a de son côté affirmé lundi soir avoir tiré à proximité de Lviv, mais déclare avoir détruit avec des "missiles de haute précision" un important dépôt d'armes étrangères livrées récemment à l'Ukraine.

· Deux Britanniques capturés par les Russes demandent à être échangés

La télévision publique russe a diffusé lundi des appels de deux prisonniers, identifiés comme des ressortissants britanniques, Shaun Pinner et Aiden Aslin, capturés lors de combats en Ukraine, demandant au Premier ministre Boris Johnson de négocier leur libération.

Les deux hommes, qui apparaissent les traits tirés, demandent à être échangés contre Viktor Medvedtchouk, un riche homme d'affaires ukrainien proche de Vladimir Poutine et arrêté en Ukraine. Ils ne précisent pas qui les détient actuellement, les forces russes ou alors leurs alliés séparatistes du Donetsk, dans l'est de l'Ukraine.

· Poutine honore une brigade accusée d'exactions à Boutcha

Le président russe a décerné lundi un titre honorifique à la 64e brigade de fusiliers motorisés, que l'Ukraine a accusé d'avoir participé aux exactions commises à Boutcha, près de Kiev. Vladimir Poutine a signé, selon le Kremlin, un décret accordant le "titre honorifique de 'Garde'" à cette brigade du fait de l'"héroïsme et de la ténacité, la détermination et le courage" de ses hommes. Le Kremlin n'indique cependant pas où ces hommes sont ou ont été déployés ni ne précise leurs missions.

"Les actions habiles et décisives de tout le personnel (de la brigade) lors de l'opération militaire spéciale en Ukraine sont un modèle d'exécution du devoir militaire, de courage, de détermination et de grand professionnalisme", a écrit Vladimir Poutine à l'adresse des militaires.

Après le départ de l'armée russe fin mars, des dizaines de cadavres ont été découverts dans la ville de Boutcha. D'après le maire de la ville ce lundi, un habitant sur cinq resté à Boutcha a été tué par les Russes. La semaine dernière, le chef de la police de la région de Kiev avait déjà expliqué que la quasi-totalité des personnes (95%) retrouvées mortes à Boutcha, avaient été tuées par balle.

Article original publié sur BFMTV.com

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