Nicaragua : offensive du pouvoir contre l’opposition avant la présidentielle

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À deux mois de l'élection présidentielle au Nicaragua, la justice continue son offensive contre l'opposition. Trois candidats potentiels à la présidentielle ont été maintenus en détention, vendredi, et feront l'objet d'un procès. Depuis début juin, 34 opposants ont été arrêtés.

Au Nicaragua, la justice a décidé, vendredi 3 septembre, d'intenter un procès et de maintenir en détention préventive trois candidats potentiels à la présidentielle, au lendemain d'une décision similaire contre Cristiana Chamorro, considérée comme l'adversaire la plus menaçante pour le président Daniel Ortega, qui brigue un quatrième mandat consécutif. En tout, 34 opposants, dont des candidats à la présidentielle ont été arrêtés. Certains sont soumis à de la "torture psychologique", ont dénoncé leurs proches et un de leurs avocats.

À deux mois de l'élection présidentielle du 7 novembre, les trois opposants Félix Maradiaga, Arturo Cruz et Juan Sebastian Chamorro, emprisonnés à la prison d'El Chipote depuis juin dernier, ont été renvoyés, vendredi, devant la justice pour atteinte à la souveraineté nationale et "trahison à la patrie", lors d'une audience préliminaire tenue à huis clos dans le centre pénitentiaire d'El Chipote à Managua.

La justice nicaraguayenne a fait de même pour sept autres opposants arrêtés, dont l'homme d'affaires José Aguerri, et trois anciens compagnons d'armes de Daniel Ortega dans la guérilla sandiniste. Le parquet n'a annoncé aucune date pour les procès des opposants.

Les 34 opposants arrêtés depuis début juin sont accusés de blanchiment d'argent, ou de "trahison à la patrie" en vertu d'une loi adoptée l'an dernier et qui prévoit de lourdes peines de prison contre ceux qui inciteraient à l'ingérence étrangère ou qui approuveraient les sanctions internationales imposées au pays ou à des membres du régime.

La principale adversaire d'Ortega toujours assignée à résidence

La veille, la justice du Nicaragua avait décidé d'intenter un procès et de maintenir aux arrêts domiciliaires la candidate à la présidentielle Cristiana Chamorro. Sans préciser de date ni de tribunal.

Cristiana Chamorro, 67 ans, est assignée à résidence depuis le 2 juin, après que le parquet a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent via la fondation qui porte le nom de sa mère, l'ancienne présidente Violeta Chamorro. L'ONG, qui a fermé en février, était un centre de formation des journalistes et de défense de la liberté de la presse, dirigé pendant 20 ans par Cristiana Chamorro.

La principale opposante d'Ortega a nié ces accusations, affirmant que c'était une manière de l'empêcher de participer à l'élection du 7 novembre. Les sondages la créditent du plus important soutien électoral après le président Daniel Ortega.

"Torture psychologique" en prison

Les opposants au président nicaraguayen emprisonnés, dont sept anciens pré-candidats présidentiels, sont soumis à de la "torture psychologique", ont dénoncé des proches de détenus et un de leurs avocats.

Les proches des anciens pré-candidats à la présidence Félix Maradiaga, Juan Sebastian Chamorro et Arturo Cruz, ainsi que l'ancienne guérillera sandiniste historique Dora Maria Tellez et la syndicaliste Violeta Granera ont été autorisés pour la première fois, mardi, à leur rendre visite, selon un communiqué du parquet nicaraguayen.

Les prisonniers sont maintenus à l'isolement, ne peuvent pas communiquer entre eux, ne sortent à l'air libre qu'une fois par semaine tandis que la lumière est allumée en permanence dans leurs cellules et qu'ils ne peuvent ni lire, ni regarder la télévision, ont affirmé leurs proches.

Depuis Washington, l'avocat international Jared Genser, qui défend Maradiaga et Chamorro, a dénoncé la "torture psychologique" infligée à ses clients depuis qu'ils sont en prison, même s'ils "n'ont pas été frappés physiquement", a indiqué l'avocat dans un communiqué. "Les deux hommes politiques, maintenus à l'isolement et "soumis à de fréquents et durs interrogatoires" ont perdu chacun plus de dix kilos depuis leur arrestation.

Daniel Ortega, un ancien guérillero âgé de 75 ans, au pouvoir depuis 2007, brigue un quatrième mandat consécutif à la tête de l'État lors des élections du 7 novembre pour laquelle les adversaires ont été évincés ou emprisonnés car le président pense qu'ils sont des conspirateurs qui veulent le renverser avec l'aide des États-Unis.

Avec AFP

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