Ocean Viking: Véran confirme que la France n'accueillera pas "3000 migrants" présents en Italie

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran le dimanche 13 novembre 2022 sur BFM Politique - BFMTV
Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran le dimanche 13 novembre 2022 sur BFM Politique - BFMTV

"Nous ne tiendrons pas la contrepartie qui était prévue". L'Italie a refusé d'accueillir dans ses ports le bateau de l'ONG Ocean Viking, transportant 234 migrants, qui a finalement été reçu en France, à Toulon, vendredi. Pour le gouvernement français, ce refus de Rome est un refus des accords européens sur l'accueil des migrants, et doit être sanctionné.

"L'Italie ne tient pas l'engagement fondamental dans le mécanisme de solidarité européenne, nous ne tiendrons pas la contrepartie qui était prévue, c’est-à-dire d'accueillir 3000 migrants actuellement sur le territoire italien", a lancé le porte-parole du gouvernement Olivier Véran ce dimanche dans BFM Politique.

Jeudi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait indiqué qu'en guise de rétorsion, la France suspendait avec "effet immédiat" l'accueil prévu de migrants actuellement en Italie. Quelque 500 d'entre eux devaient arriver d'ici la fin de l'année, a précisé Olivier Véran.

"L'Italie est perdante"

Pour Olivier Véran, dans cette séquence, "l'Italie est perdante parce qu'elle dispose normalement d'un mécanisme de solidarité européenne qui fait qu'un grand nombre de pays européens, notamment la France et l'Allemagne, s'engagent en retour du fait que l'Italie accueille des bateaux, à récupérer des étrangers sur leur territoire."

Le dispositif prévoit qu'une douzaine d'États, dont en effet la France, accueillent de manière volontaire 8000 migrants arrivés dans des pays dits de "première ligne" comme l'Italie, mais à ce jour seuls 117 ont été relocalisés, suscitant la colère de Rome.

"Nous avions comme objectif et comme engagement de récupérer un peu plus de 3000 personnes en Italie, dont 500 d'ici la fin de l'année, on s'était engagé", se défend Olivier Véran. "Les mécanismes étaient en cours qui nous permettaient d'accueillir dans les meilleures conditions possibles des étrangers arrivés en Italie", assure-t-il.

Reste à voir si cette menace sera mise à exécution. La France a déjà, depuis vendredi, renforcé ses contrôles à la frontière italienne, en représailles du non-accueil de l'Ocean Viking.

Article original publié sur BFMTV.com