Ocean Viking: l'extrême droite vent debout contre la décision du gouvernement

Ocean Viking: l'extrême droite vent debout contre la décision du gouvernement
La président du groupe Rassemblement national Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 20 octobre. - ALAIN JOCARD / AFP
La président du groupe Rassemblement national Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 20 octobre. - ALAIN JOCARD / AFP

"Emmanuel Macron lance un signal dramatique de laxisme", a tweeté jeudi Marine Le Pen en réaction à l'annonce de l'accueuil dans le port de Toulon de l'Ocean Viking, un navire humanitaire avec 230 migrants à bord.

C'est Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui a officialisé cette décision, après un long bras de fer avec l'Italie et son nouveau gouvernement d'extrême droite présidé par Giorgia Meloni, qui a refusé d'ouvrir ses ports.

Le gouvernement a justifié cette décision inédite comme étant un "devoir d'humanité" mais "à titre exceptionnel" en raison du comportement de Rome. "Il faut désormais pouvoir organiser les choses différemment pour (ne) pas que l'Italie puisse à la fois profiter de la solidarité européenne tout en étant égoïste lorsque des réfugiés, notamment des enfants, se présentent" à ses ports, a développé Gérald Darmanin.

Zemmour sur place

Invitée sur BFMTV, Laure Lavalette, députée Rassemblement national du Var, a soutenu les déclarations de Marine Le Pen en prenant pour cible Gérald Darmanin. "C'est un très mauvais signal qu'envoie Gérald Darmanin. Il vient d'ouvrir la boîte de Pandore. Ce n'est pas l'elorado, nous n'avons plus les moyens", a-t-elle lancé.

De son côté, le parti d'Éric Zemmour Reconquête a lancé une pétition pour mettre fin à ce qu'il considère être une "submersion migratoire". Alors que le bateau arrivera vendredi à Toulon, l'ex-candidat à la présidentielle, son bureau exécutif et ses élus en PACA se rendront sur place "pour dire non à l’accueil de l’Ocean Viking", a précisé le parti dans un communiqué.

L'importance de la dissuasion

L'extrême droite française estime donc que cette annonce va encourager des futurs migrants à entamer des traversées périlleuses.

"Il faut évidemment les secourir en mer, apporter toute l'aide alimentaire, sanitaire, médicale mais les ramener absolument dans leur port d'origine", a poursuivi Laure Lavalette.

Même son de cloche pour Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, sur BFMTV ce jeudi : "Tant que l'Europe sera laxiste, ils prendront la mer. Ces faux bons sentiments mettent en péril les migrants."

Les ONG ciblées

Dans les discours de l'extrême droite sur l'immigration, revient régulièrement la question de la responsabilité des Organisations non-gouvernementales (ONG) - comme SOS Méditerrannée à qui appartient l'Ocean Viking.

"Est-ce que la France veut continuer que ces associations récupèrent une fois de plus ces maheureux au bord des côtes africaines et les ramènent sur les côtes européennes?", s'est demandé Jean-Philippe Tanguy sur notre antenne.

Le nouveau président du Rassemblement national Jordan Bardella a d'ailleurs demandé "une commission spéciale d’enquête du Parlement européen sur les liens entre ONG et filières criminelles de passeurs". Selon lui, "de nombreux éléments existent pourtant démontrant les liens et collusions entre ces ONG et les filières criminelles de passeurs dont l’action s’apparente à du trafic d’êtres humains".

Il a d'ailleurs suggéré sur notre antenne que l'Ocean Viking "soit mis sous scellés" car il est détenu par des organisations "d'êxtrême gauche".

Article original publié sur BFMTV.com