Ocean Viking: l'extrême droite fustige l'exécutif après la fugue de 26 migrants mineurs

Marine Le Pen et Eric Zemmour.  - AFP
Marine Le Pen et Eric Zemmour. - AFP

"Ce gouvernement couvre notre pays de ridicule". L'extrême droite fustige la politique de l'exécutif après que 26 des 44 migrants mineurs débarqués du navire Ocean Viking à Toulon le 11 novembre ont décidé de fuguer de l'hôtel où ils étaient pris en charge. Elle dénonce ainsi un prétendu laxisme du gouvernement en matière migratoire.

Marine Le Pen estime qu'"Emmanuel Macron et Gérald Darmanin ont leur 'affaire Leonarda'", du nom d'une immigrée rom et mineure dont l'expulsion en pleine sortie scolaire avait créé la polémique en 2013. Plus largement, la cheffe de file des députés du Rassemblement national juge que l'exécutif est "humilié" et que la situation est "hors contrôle".

"Le gouvernement est complètement impuissant"

Même son de cloche chez la nièce de la députée du Pas-de-Calais, partie à Reconquête lors de la dernière présidentielle. Ainsi, selon Marion Maréchal, "Gérald Darmanin "ne contrôle absolument rien et ridiculise notre pays". Quant à son supérieur dans le parti, Éric Zemmour, il a formulé une question puis une réponse dans le même tweet: "Rire ou pleurer? À chaque fois, je me demande si nous pouvons tomber plus bas. La réponse est invariablement oui".

L'affaire fait très largement réagir à l'extrême droite. Nicolas Dupont-Aignan s'est lui-aussi emparé du sujet. Interrogé par BFMTV, le président de Debout la France juge que "le gouvernement a menti", car "il a dit 'on secours les migrants mais vous allez voir on va être très fermes [...] et en fait, il est complètement débordé, impuissant".

"On ne peut pas s'y opposer"

Reste que la législation en vigueur ne peut empêcher la fuite de ces migrants mineurs.

"La convention internationale relative aux droits de l’enfant qui a été ratifiée par la France en 1990 exige que tout mineur soit protégé par l’administration qui dans ses décisions doit prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfance, explique notre éditorialiste Matthieu Croissandeau sur BFMTV.

Et de poursuivre: "C'est pourquoi aucun mineur ne peut faire l’objet d'une mesure d’éloignement, c’est-à-dire être expulsé". Ainsi, Jean-Louis Masson, président des Républicains (LR) du Var, souligne sur BFMTV qu'aucun "manquement" de la collectivité n'est à déplorer dans cette affaire.

"On ne peut pas s'y opposer (à leur départ), et malheureusement pour eux, ils sont mis dans des situations qui peuvent être dangereuses mais après, on ne peut pas les retenir de force", insiste-t-il.

Néanmoins, "on voit resurgir assez régulièrement ces polémiques sur les mineurs non accompagnés avec notamment un reproche qui tient à la difficulté à établir avec certitude leur âge", explique Matthieu Croissandeau. Sont-ils mineurs, et donc sous le coup d'une législation particulière, ou non? Ainsi, Laure Lavalette, députée RN du Var, a ironisé en évoquant des "mineurs qui le sont autant que moi je suis archevêque".

Article original publié sur BFMTV.com