Les occupants du Théâtre de l’Odéon à Paris maintiennent la pression pour sauver la culture

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Au moins 26 théâtres et salles de spectacle sont actuellement occupés en France, avec des professionnels de la culture et des amateurs demandant la réouverture des lieux culturels. Au théâtre parisien de l’Odéon, le premier à avoir été investi le 4 mars, une quarantaine de personnes dorment et mangent dans ce bâtiment classé du XVIIIe siècle. Pour faire durer l’opération, ils misent sur la logistique

Avec notre envoyé spécial au Théâtre de l’Odéon, Matthieu Bonhoure

Au Théâtre de l’Odéon, on franchit une porte après avoir passé la grille, où se trouve ensuite le foyer de l’occupation, au milieu des colonnes et des lustres anciens.

« Les premières nuits, disons que c’était spartiate, raconte Bruno qui a pris deux jours de pause et vient d’y revenir. Et là, je suis plus organisé, avec un duvet, deux ou trois caleçons pour changer de sous-vêtements et puis voilà. »

Les occupants s'organisent par commissions pour que l'occupation se passe dans de bonnes conditions. Salomé est l'une des responsables du pôle logistique : « Il y a beaucoup de personnes qui soutiennent le mouvement et qui veulent participer de l’extérieur. Donc ils proposent leur aide aussi bien pour cuisiner que pour aller faire des courses, ou encore laver le linge. »

Quand elle récupère des livraisons de nourriture, les produits sont variés : « de la confiture, des céréales, du lait, du chocolat, il y en a aussi qui nous apportent des gâteaux faits maison. »

Le mot d’ordre est l’adaptation. Sur des tables de l'autre côté du foyer on trouve « des pansements, des masques, de l’alcool, du dentifrice, des brosses à dent, des mouchoirs… », poursuit une autre occupante.

Autre problème : les occupants doivent s'assurer que les portes à l'intérieur ne soient pas fermées par la sécurité. « La douche, on la garde, parce qu’on n’en a qu’une et si on la perd, c’est un peu compliqué », résume cette militante.

Entre les murs, les occupants se retrouvent pour discuter de l'organisation des jours à venir. Les conditions de vie s'améliorent, même si les couchages restent rudimentaires.

♦ Des nouveaux théâtres, opéras et scènes musicales rejoignent le mouvement

De Lille à Lyon en passant par Limoges, Rennes et Saint-Étienne, de nouveaux théâtres, opéras et scènes musicales ont encore rejoint vendredi 12 mars le mouvement d'occupation des lieux culturels.

Le mouvement affirme vouloir faire pression sur le gouvernement pour obtenir notamment la réouverture des lieux culturels, fermés depuis le 30 octobre pour cause de pandémie, et une nouvelle prolongation, au-delà d'août, des droits des intermittents du spectacle.

Et ils comptent bien rester et maintenir la pression : tant qu’ils n'obtiennent pas leurs revendications, il n'est pas question pour eux de mettre fin aux occupations.

Mercredi 10 mars, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot avait jugé « inutiles » et « dangereuses » ces occupations. Le lendemain, le gouvernement a toutefois débloqué 20 millions d'euros supplémentaires en soutien au monde de la culture

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