Occitanie: les éleveurs inquiets face à la multiplication d'attaques de vautours sur leur bétail

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Au moins douze animaux vivants auraient été attaqués par des vautours depuis le début de l'année. - JOSEPH EID / AFP
Au moins douze animaux vivants auraient été attaqués par des vautours depuis le début de l'année. - JOSEPH EID / AFP

Les vautours vont-ils devenir le nouveau cauchemar des éleveurs en Occitanie? Pour certains d'entre eux, c'est déjà le cas depuis plusieurs jours. Claire Vieilledent est éleveuse de bovins et propriétaire de juments de traits dans le sud Aveyron. Jeudi 13 mai, elle fait une découverte particulièrement traumatisante dans son champ: sa jument, mourante, entourée de vautours, alors qu'elle était jusqu'ici en pleine forme, comme elle l'a expliqué dans les colonnes de France 3 Occitanie:

"Une autopsie a été menée, mandatée par la DDT (Direction départementale des territoires) et qui a avéré que ma jument est décédée suite aux ruptures des artères utérines. Qu'elle a été saignée en fait (...) et qu'au moment où elle est morte, c'était bien les vautours qui l'avaient consommée".

Au moins quatre attaques en une semaine

Une macabre découverte qui résonne avec l'expérience d'autres éleveurs dans la région. Les syndicats agricoles des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA ont recensé douze animaux vivants tués par des vautours depuis le début de l'année, et au moins quatre rien que la semaine dernière. Jean-Pierre Grandin fait partie lui aussi des éleveurs touchés:

"Je travaillais sur la propriété lorsque j’ai vu arriver un vol d’énormes oiseaux. Ceux-ci se sont abattus sur le pré où l’une de mes vaches avait mis bas. Aussitôt j’ai vu que les oiseaux s’en prenaient au veau et à la vache. J’ai immédiatement couru dans mon pré pour effrayer ces oiseaux, j’ai vu qu’il s’agissait de vautours. Je n’ai rien pu faire, j’ai même été attaqué par deux vautours. J’ai eu vraiment très peur. Devant une telle chose, je suis resté impuissant" a-t-il déploré auprès de La Depêche.

En dix-huit ans d'agriculture, c'est la première fois que Jean-Pierre Grandin voit une chose pareille arriver et aujourd'hui, il estime son préjudice aux alentours de 3000 euros. Une somme qui n'est pas couverte par son assurance, car le vautour est une espèce protégée. C'est cette situation que veulent à tout prix faire évoluer les éleveurs de la région, alors que des attaques de ce type avaient déjà été recensées dans d'autres régions de France par le passé.

Après une manifestation devant la DDT (Direction départementale des territoires), à Rodez ce lundi 17 mai, les syndicats agricoles demandent un soutien financier de l'État en cas d'attaque, et la régulation de la population de vautours sur le territoire. Une solution que les associations de défense des oiseaux dénoncent, la LPO (Ligue de protection des oiseaux) a par ailleurs décidé de mettre en place "une médiation" pour recueillir les témoignages des éleveurs concernés. Un numéro d’appel d'urgence a également été mis en place par l’État.

Article original publié sur BFMTV.com