Peur sur le Tchad

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La France redoute la déstabilisation de ce pilier de la lutte contre l’islamisme. 

Fidèle à son style « coup de poing », Idriss Déby Itno décide, le 18 avril, de partir au front. Le FACT (Front pour l’alternance et la concorde au Tchad) a attaqué au nord du pays une semaine plus tôt, le jour même de l’élection qui l’a reconduit à la présidence pour un sixième mandat consécutif, avec près de 80 % des voix. Descendus des montagnes du Tibesti, les rebelles exigent son départ et menacent de marcher sur la capitale. Cette guérilla, composée d’officiers tchadiens dissidents, est armée par le maréchal Haftar, maître de l’est de la Libye, et accessoirement soutenu par la France...

Cette façon qu’a Idriss Déby de mener ses hommes en première ligne n’a pas varié depuis 1983, l’époque où celui qui n’était encore que le commandant en chef des Forces armées nationales tchadiennes faisait l’admiration du contingent français engagé dans l’opération Manta. Déjà, il combattait pour contrecarrer les ambitions libyennes alliées aux poussées sécessionnistes du nord et de l’est du pays. Sur le champ de bataille de l’Ouadi-Fama, ce jeune général, dont la bravoure allait conduire à la victoire, fait sensation. On le reconnaît à son grand chèche noué autour du cou, sa montre en or et ses élégantes bottines italiennes. « Gallant under fire » (« élégant sous les balles »), comme disent les Anglais. Idriss Déby était aussi un bon vivant, accessible, attachant. En témoigne un sous-officier français d’un régiment de parachutistes d’élite, ayant servi au Tchad à la fin des années 1980 : « Je l’ai rencontré la première fois au nord d’Abéché, où il m’avait invité à partager un poulet au riz lors d’une mission de récupération d’un prisonnier. Un mois plus tard, me croisant à Ndjamena, il arrête sa voiture en pleine rue :(...)


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