Obsèques communes de soldats français et russes, plus de 200 ans après la campagne de Napoléon

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L’année du bicentenaire de la mort de Napoléon est un moyen de cultiver les liens existants entre Paris et Moscou à l’heure où les tensions entre la Russie et l’Union européenne sont au plus haut. L’inhumation des restes de soldats russes et français tombés lors de la retraite de Russie aura constitué, ce samedi 13 février, un rare moment d’unité franco-russe.

Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin

Cent vingt-six dépouilles réparties dans huit cercueils ont été enterrées avec les honneurs ce samedi 13 février après-midi à Viazma, une ville située à 230 kilomètres à l’ouest de Moscou. En présence des descendants de grands chefs militaires russes et français de l’époque, sous la neige et par -15°C, les cercueils ont été mis en terre au son d’une salve de canons.

Selon les historiens, ces soldats sont tombés en marge ou lors de la bataille de Viazma, le 3 novembre 1812, lors de la retraite qui se terminera dans l’horreur de la traversée de la rivière Berezina. Les corps avaient été découverts dans une fosse commune entre Smolensk et Moscou en 2019 par une équipe d’archéologues franco-russes.

Fraternité entre combattants d'un autre temps

La découverte de boutons métalliques d’uniformes a permis d’établir que certains des défunts appartenaient aux 30e et 55e régiments d’infanterie de ligne et au 24e régiment d’infanterie légère de l’Armée de Napoléon.

Cette cérémonie, placée sous le signe de la fraternité entre combattants d’un autre temps, aura marqué un signe d’unité plutôt rare à l’heure où les relations entre Moscou et l’Occident se dégradent progressivement, en raison notamment de la condamnation de l’opposant Alexeï Navalny. Pour rappel, la campagne de Russie avait fait plusieurs centaines de milliers de morts.

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