Objectif zéro mort sur les routes : la limitation de la vitesse a-t-elle des limites ?

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Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pouvez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

Chaque année, sur un total de 550.000 décès dont 25.000 par accident, 3.200 résidents français meurent dans un « accident de transport ». Certes, on meurt deux fois plus de « chutes accidentelles » (et trois fois plus de suicide), mais peut-on s’opposer à une mesure qui promet de sauver 400 vies humaines ? En moins d’un demi-siècle, la mortalité routière en France a été divisée par près de six (18 000 morts en 1972) et les limitations de vitesse y sont pour beaucoup…

Aussi, quand un « accidentologue » déclare que le retour à 90 km/h exprimerait une « absence d’intérêt pour le respect de la vie humaine », on l’écoute. Les chiffres encore : dès l’annonce de la mesure (janvier 2018) et avant même sa mise en œuvre (!), au 1er semestre 2018, 104 tués en moins ; et 96 au second (la mesure est appliquée le 1er juillet). 400 morts évitées en 2019… Le raisonnement se tient et la morale est avec lui. D’autant qu’à l’argument sur la mortalité, s’ajoute celui sur la réduction de la consommation de carburant et d’émissions nocives associées. Si bien que le mépris pour le respect de la vie humaine s’aggrave, ajoute notre expert décidément bien remonté, d’un « mépris pour la sauvegarde de l’humanité » ! Du coup, la suspension de la mesure est qualifiée de « catastrophe gouvernementale ».

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