Mais où sont passés les menus en papier ?

MICHAEL M. SANTIAGO/GETTY IMAGES via AFP

“J’ai horreur de tous ces menus numériques. Cela m’est bien égal de mourir paisiblement dans mon sommeil, mais, le jour de mon centième anniversaire, je veux pouvoir aller manger dans un restaurant où je serai assis à table, un apéritif dans la main gauche et un menu en papier dans la main droite. […] Après cela, je pourrai aller dans mon urne, heureux que les générations futures puissent encore commencer leurs repas en croisant le regard d’une personne attablée en face d’elle, plutôt qu’en regardant fixement un écran.”

Conor Friedersdorf est inquiet. Les menus en papier des restaurants, ceux qu’on se passe de main en main ou qu’on lit par-dessus l’épaule de son voisin, ne seront-ils bientôt plus qu’une “relique” du monde d’avant ? Le journaliste de The Atlantic égrène les raisons de détester les menus obtenus à l’aide d’un code QR, “même lorsque la batterie de tous les téléphones est chargée, que le wifi est suffisamment puissant et que la connexion fonctionne”.

“Selon des études, le simple fait d’avoir un téléphone posé sur la table rend un repas moins convivial, même si chacun résiste à la tentation de consulter ses nouveaux textos. […] Les menus à code QR portent aussi atteinte à la vie privée, car ceux qui les utilisent ne communiquent pas seulement avec le restaurant.”

Bientôt des “menus dynamiques” ?

Beaucoup de ces codes “sont en fait générés par une autre entreprise qui collecte, utilise et, bien souvent, partage vos informations personnelles”, mettait en garde l’Union américaine pour les libertés civiles en 2021.

Et certains restaurants ne s’arrêteront pas là, poursuit l’auteur :

“Dans un avenir proche, plutôt que de proposer un choix figé de plats à chaque client, les restaurants pourraient mettre en place des menus dynamiques d’où disparaîtraient les mets épuisés. Les prix des entrées et des plats principaux pourraient également augmenter ou diminuer en fonction de l’offre et de la demande.”

“Je ne suis pas un nouveau luddite, écrit Conor Friedersdorf, en référence au mouvement des briseurs de machines industrielles au Royaume-Uni au début du XIXe siècle. Je sais que les restaurants et les bars évoluent. […] Mais j’espère que, plutôt que de se souvenir de la pandémie comme d’un point charnière qui a fait basculer les restaurants et les bars dans le numérique, nous y repenserons comme à un moment où une société de plus en plus atomisée a mieux compris le coût de l’isolement social […] et s’est accordée à reconnaître l’importance cruciale d’avoir un temps de repas non dématérialisé.”

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