"Il n'y a pas d'enjeu": une rescapée du Bataclan témoigne avant le procès des attentats du 13-Novembre

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Présente dans la mythique salle de concert le soir du 13 novembre 2015, Suzy explique qu'elle n'assistera pas au procès historique qui s'ouvre ce mercredi et n'a aucune intention de le suivre. Elle n'en attend tout simplement rien.

Elle a mis un certain temps avant de réaliser l'horreur qui se jouait devant elle. Suzy était partie danser le soir du 13 novembre 2015 avec son petit ami de l'époque dans la salle du Bataclan. Une date et un cadre gravés dans sa mémoire à jamais. C'est là-bas que s'est joué l'un des noirs chapitres des attentats de Paris, là-bas qu'elle a vu les terroristes entrer dans la salle et mettre fin à "la bonne ambiance" qui y régnait alors. 

"On entend tout de suite comme des pétards, et j'ai mis une minute à comprendre ce qui se passait, quand j'ai vu un type avec une arme à feu. Et là j'ai compris", témoigne la jeune femme pour BFMTV, "il y a ce moment où on comprend l'horreur où c'est abyssal, il y a quelque chose qui s'effondre, c'est très dur."

 "J'ai juste vu quelqu'un se faire exploser"

Au milieu d'une scène chaotique, de celles et ceux qui tentent de quitter la salle comme ils le peuvent, Suzy se recroqueville et ferme les yeux, mais le bruit des détonations l'oblige à les rouvrir.

"Le moment où l'un des terroristes s'est fait exploser sur la scène, je me souviens que ça a été un bruit très très fort", poursuit-elle, "dans ma tête je me suis dit que le canon à confettis avait explosé et cela a été assez dur, c'était très violent de se rendre compte a posteriori et des jours après qu'il n'y avait jamais eu de confettis. J'ai juste vu quelqu'un se faire exploser, ça c'était assez dur."

Une scène parmi tant d'autres au cours de cette soirée interminable où Suzy, comme de nombreuses autres personnes, se sont retrouvées piégées au milieu de personnes tuées ou blessées par balles.

"Je me rappelle d'une personne qui est probablement décédée, qui avait vraiment des râles de douleur. [...] C'est horrible d'entendre ça, juste d'entendre quelqu'un qui est en train mourir et de ne pouvoir absolument rien faire", se remémorre Suzy.

"Me mettre à distance"

Six ans plus tard, elle se pose toujours une question: pourquoi elle a pu en ressortir vivante et pas un autre? Quant au procès historique qui s'ouvre mercredi, elle n'en attend rien: "il n'y a pas d'enjeu". Ses réponses, elle est certaine qu'elle ne les obtiendra pas, elle préfère donc ne pas en entendre parler. Ce traumatisme, elle le vit déjà quotidiennement en y pensant au moins une fois par jour. 

"En fait je n'en peux plus de subir ça. Il y a une forme de fatigue, de toujours être dans une forme de 'je subis'", confie Suzy dont la dernière chose qu'elle ait envie soit de "subir ce procès, et donc la meilleure manière pour moi de ne pas le subir, c'est juste de me mettre à distance."

Article original publié sur BFMTV.com

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