Des nuits blanches pour Psyché, la lumière contre le monde animal et le robot qui se croyait humain

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“Qu’est-ce qui se passe si votre fusée explose en vol ?” lui avait demandé un lycéen. “Vous pouvez recommencer ?” “Ah non, avait gentiment répondu Lindy Elkins-Tanton. Dans le monde où nous vivons, on ne refait pas une mission spatiale à 800 millions de dollars.” La question était pour le moins pertinente, car le spectre d’un désastre hante les nuits de la directrice du programme Psyché commandité par la Nasa pour envoyer, fin septembre, une sonde à la rencontre d’un astéroïde de 200 kilomètres de diamètre tournant entre Mars et Jupiter.

Slate rapporte ces propos dans un joli extrait, humain et didactique, de Portrait of a Scientist as a Young Woman”, les Mémoires de Lindy Elkins-Tanton, prof à l’université d’État de l’Arizona et spécialiste renommée de la formation des planètes. Cette géologue affectée à la conquête spatiale nous explique simplement à quoi sert d’envoyer un robot se poser, après plus de trois ans de voyage, sur un caillou invisible depuis la Terre. L’astéroïde Psyché serait entièrement composé de métal. Il constitue un témoin précieux de l’éclosion de notre Système solaire et l’échantillon le plus facilement observable d’un noyau métallique semblable à celui qui occupe le centre de la planète Terre. À 3 000 kilomètres seulement sous nos pieds, mais à jamais inaccessible.

Éclairage

Chaque année, le soir du 11 septembre, quand New York illumine le site des défuntes tours jumelles du World Trade Center, les deux puissants faisceaux lumineux sont vite constellés de mystérieuses taches noires. Ce sont des oiseaux, des centaines d’oiseaux, stoppés net pendant leur grande migration d’automne par les 44 ampoules d’une puissance de 7 000 watts, qui s’épuisent à tourner en rond. Quand leur nombre dépasse le millier, les services municipaux éteignent ces phares pendant vingt minutes pour les laisser poursuivre leur voyage.

Cette sollicitude est rare. Ed Yong, l’admirable journaliste scientifique de The Atlantic, fournit bien d’autres exemples des ravages qu’infligent les lumières de la civilisation humaine au monde animal. Chaque année aux États-Unis, six millions d’oiseaux s’écrasent contre des pylônes électriques trop éclairés. La nuit, les bébés tortues vont au massacre, confondant la lueur des routes sous les réverbères avec la teinte claire de la mer. Il suffirait pourtant d’un rien pour éviter ce fléau planétaire : des ampoules non plus fixes mais clignotantes sur les ouvrages d’art ; des éclairages publics rouges au lieu des leds blanches qui attirent les animaux…

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