Sur le nucléaire, peut-on aller « beaucoup plus vite » comme le veut Macron ?

French President Emmanuel Macron delivers a speech at the Sub-Prefecture in Saint-Nazaire after a visit at the Saint-Nazaire offshore wind farm, off the coast of the Guerande peninsula in western France on September 22, 2022. (Photo by STEPHANE MAHE / POOL / AFP)
STEPHANE MAHE / AFP French President Emmanuel Macron delivers a speech at the Sub-Prefecture in Saint-Nazaire after a visit at the Saint-Nazaire offshore wind farm, off the coast of the Guerande peninsula in western France on September 22, 2022. (Photo by STEPHANE MAHE / POOL / AFP)

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Le Président Emmanuel Macron à Saint-Nazaire après une visite du parc d’éoliennes en mer le 22 septembre 2022. (Photo STEPHANE MAHE / POOL / AFP)

NUCLEAIRE - Ouvrir les premiers réacteurs EPR avant 2035 ? C’est la promesse faite par Emmanuel Macron, sans précision sur le nouvel horizon retenu. En visite à Saint-Nazaire jeudi 22 septembre, le président a développé sa volonté en matière d’énergie : sur les renouvelables, au cœur de sa visite du premier parc d’éoliennes en mer français, mais aussi sur l’atome.

Côté renouvelable, le Chef de l’État a déclaré vouloir aller « deux fois plus vite », pour atteindre le chiffre d’une « cinquantaine de parcs éoliens en mer » en 2050, tout en continuant l’éolien sur terre. Même enthousiasme sur le solaire, pour lequel Emmanuel Macron soulevé la possibilité d’une « libération du foncier » : concrètement, l’autorisation de mettre de panneaux solaires dans les friches industrielles, ou encore sur le bord des autoroutes.

Reste le nucléaire, donc. «  J’ai annoncé la première tranche en 2035 pour le nucléaire. Ce que je souhaite c’est qu’on aille beaucoup plus vite  », a ainsi déclaré le président, reprenant ses plans dévoilés en février dernier. Il promettait alors 6 réacteurs EPR d’ici 2035 (celui de Flamanville prévu pour 2012 n’est pourtant pas en fonction), et 8 réacteurs supplémentaires à l’étude pour faire face aux besoins français en matière d’énergie.

L’heure est donc à l’affichage d’un solide coup d’accélérateur à l’heure où la tension sur le réseau se fait sentir. Une ambition qui se concrétise avec la loi d’accélération des renouvelables qui passera en conseil des ministres les 26 septembre, et dont Emmanuel Macron veut justement s’inspirer pour le parc nucléaire : « On peut aller beaucoup plus vite si on simplifie les choses, donc on sera dans la même logique sur le nucléaire ».

Mais ce n’est pas si simple, explique Ludovic Dupin, directeur de l’information à la Société Française de l’Énergie Nucléaire (SFEN).

Est-ce seulement possible d’aller plus vite comme le souhaite le président ? Et pour quel gain ?

Ce n’est pas faisable d’accélérer sur la partie construction du projet, mais avant la pose du béton, oui. La partie administrative, enquête d’impacts environnementaux, permis de construire… Aujourd’hui ces examens sont séquentiels, se font les uns après les autres, or on pourrait faire certains d’entre eux en parallèle. Cela ne veut bien sûr pas dire qu’il faut rogner sur les normes de sécurité ou le débat public. C’est d’ailleurs ce qu’avait annoncé Agnès Pannier-Runacher, en évoquant pour janvier 2023 une loi « d’accélération du nucléaire » équivalente à ce qui va être présenté pour le renouvelable.

C’est cela permettra vraiment de gagner du temps ?

Deux choses sont limitantes. Pour l’instant les décisions ne sont pas prises, et la loi prévoit toujours la fermeture de douze réacteurs et pas l’ouverture de six. Il faudra donc une nouvelle loi. Ensuite, il faut cette loi de simplification le plus vite possible ; avant le coulage de béton, qui commencera au mieux en 2027. Le réacteur entrera toujours en fonctionnement en 2035, mais on gagne des marges : les annonces faites par Emmanuel Macron sur les plannings de construction étaient faites de manière assez tendue. Avec cette simplification, on s’autorisera des aléas de construction.

Cela vous paraît-il une stratégie viable de vouloir accélérer, alors que le nucléaire suscite tant d’interrogations en matière de sécurité ?

C’est vraiment impossible de rogner sur la sûreté. L’Autorité de sûreté du nucléaire est indépendante. Il y a eu cet aléa découvert sur le parc français actuel [plus d’une dizaine de réacteurs français sont à l’arrêt pour des raisons de corrosion], c’est aujourd’hui en cours de réparation. Par ailleurs, les EPR sont une autre technologie. Enfin, l’important aujourd’hui c’est d’être plus autonomes, moins dépendant des énergies fossiles, et pour cela la solution passe par un mix de nucléaire et de renouvelable.

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