Nucléaire : EDF promet de relancer toutes les centrales à l’arrêt cet hiver

Cette photographie aérienne prise le 11 septembre 2022 montre la centrale nucléaire de Penly au large de Dieppe, dans l’ouest de la France.
LOU BENOIST / AFP Cette photographie aérienne prise le 11 septembre 2022 montre la centrale nucléaire de Penly au large de Dieppe, dans l’ouest de la France.

LOU BENOIST / AFP

Cette photographie aérienne prise le 11 septembre 2022 montre la centrale nucléaire de Penly au large de Dieppe, dans l’ouest de la France.

ÉNERGIE - Le nucléaire français reprend du service pour l’hiver. Les 26 réacteurs nucléaires français aujourd’hui à l’arrêt devraient avoir redémarré leur production d’électricité au cours de l’hiver, a promis ce mercredi 14 septembre la direction d’EDF, sous pression à l’approche d’une saison tendue sur le front de la sécurité énergétique.

En effet, la France fait face à une indisponibilité exceptionnelle de son parc de 56 réacteurs : la tenue « effective » de ce calendrier de retour au réseau jouera un rôle essentiel dans la gestion électrique cet hiver, a d’ailleurs prévenu ce mercredi RTE, le gestionnaire du réseau.

À l’origine de cette situation, le retard des maintenances décennales, dû au Covid, et la découverte l’hiver dernier de problèmes de corrosion, contraignant EDF à entreprendre un contrôle quasi général de son parc nucléaire. Mercredi devant les députés, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a toutefois indiqué que « les chantiers liés à la corrosion avançaient à un bon rythme : Tricastin 1, le premier, est terminé ».

La direction d’EDF a donc détaillé son calendrier pour les 26 réacteurs aujourd’hui à l’arrêt dans l’Hexagone : cinq doivent repartir en septembre, cinq en octobre, suivis de sept supplémentaires en novembre, trois en décembre, trois en janvier puis deux en février, a expliqué Cédric Lewandowski, directeur exécutif d’EDF. Un 26e aujourd’hui en arrêt « fortuit » devrait redémarrer incessamment. « À ce jour, 27 réacteurs sont connectés au réseau et trois sont en économie de combustible afin de pouvoir produire l’hiver prochain, » précise Jean-Bernard Lévy.

Lors d’une conférence de presse, Élisabeth Borne a dit ce mercredi sa confiance face au calendrier de réouverture annoncé par EDF. Lequel devrait contribuer à « une baisse des prix » a souligné la Première ministre.

Rattraper le retard

Le PDG d’EDF a toutefois souligné l’« absence de marge de manœuvre de la filière pour absorber (plus rapidement) cette hausse de charge inattendue », après plusieurs années de contexte favorable à une sortie progressive du nucléaire.

« Nos équipes et celles de nos partenaires industriels sont pleinement mobilisées pour remettre sur le réseau le maximum de réacteurs possible pour le prochain hiver », a-t-il dit, ajoutant que le groupe avait désormais « un moyen de contrôle non destructif » pour poursuivre les diagnostics de corrosion.

Mais « nous faisons face à un cumul inattendu d’activités, qui mobilise des compétences pointues et rares, de tuyauteurs, soudeurs, robinetiers, chaudronniers… Ce déficit de compétences affecte notre capacité à réparer au rythme que nous souhaiterions », a-t-il dit.

Aujourd’hui « la dynamique positive (en faveur du nucléaire) est réenclenchée, avec le discours de Belfort en particulier, mais cela prendra du temps, c’est le temps industriel », a-t-il dit. « Si, il y a dix ans, on avait pu lancer deux ou trois chantiers de réacteurs, on aurait pu les avoir », ces ouvriers spécialisés, relève-t-il. Après avoir prévu de réduire la voilure du nucléaire, décision actée dans une loi de 2015, la France a finalement choisi de relancer l’atome, par la voix d’Emmanuel Macron qui à Belfort en février a souhaité la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR.

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RTE demande un effort de sobriété

Plus tôt ce mercredi, le gestionnaire du réseau français de transport d’électricité RTE avait lui aussi sonné la « mobilisation » des Français face à une situation qualifiée d’« exceptionnelle ».

Selon RTE, un « risque de coupure ne peut pas être totalement exclu », mais « il pourrait être évité en baissant la consommation nationale de 1 à 5 % dans la majorité des cas, et jusqu’à 15 % dans les situations météorologiques les plus extrêmes ». Concrètement, pour les entreprises, collectivités et particuliers, il s’agit de baisser ou reporter la consommation de chauffage, d’éclairage ou de cuisson, notamment lors des pics de consommation, le matin entre 8 h 00 et 13 h 00 et le soir entre 18 h 00 et 20 h 00.

« En aucun cas, la France ne court un risque de ’black-out’ », c’est-à-dire « la perte de contrôle totale du système électrique », a aussi tenu à rassurer RTE, alors que la France est touchée comme le reste de l’Europe par cette crise énergétique inédite.

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