Nucléaire: les discussions entre l’UE et l’Iran continueront à Bruxelles malgré les tensions

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Le négociateur de l'Union européenne en charge du dossier nucléaire iranien, Enrique Mora, a rencontré ce jeudi 14 octobre le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Ali Bagheri, pour tenter d'obtenir de la part de Téhéran une date pour la reprise des négociations nucléaires. La rencontre dans la capitale iranienne a eu lieu dans un climat tendu, après des menaces américaines.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Selon un communiqué officiel, aucune date n'a été fixée pour l'instant pour la reprise des négociations nucléaires de Vienne. Mais les consultations doivent se poursuivre à Bruxelles, affirme le communiqué.

« L'Iran est prêt à des négociations sérieuses avec des résultats concrets, mais nous avons de sérieux doutes sur la volonté des États-Unis pour appliquer leurs engagements », a déclaré de son côté Ali Bagheri, le négociateur iranien.

Téhéran exige la fin de toutes les sanctions imposées depuis 2018 contre l'Iran après la décision de l'ancien président américain Donald Trump de quitter l'accord nucléaire de 2015.

Téhéran se dit prêt à limiter ensuite son programme nucléaire, qui se poursuit à grande vitesse, ce qui inquiète les États-Unis et les pays européens.

Menaces américaines et israéliennes

Ce mercredi 13 octobre, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a regretté « le manque de volonté » iranienne pour « dialoguer » et a fait planer une possible menace militaire.

De même, Israël ne cesse d’affirmer qu’il agira pour stopper le programme nucléaire de Téhéran. Face à ces menaces, la république islamique a mis en garde l’État hébreu contre toute action.

L'Iran a relancé son programme en faisant de l'enrichissement d'uranium jusqu'à 60% en utilisant des appareils de plus en plus modernes. Ce qui complique un accord avec les grandes puissances.

La tension monte car « l'Iran ne donne pas de date de reprise des négociations »

Pour Thierry Coville, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), au-delà de l’enrichissement « d’uranium à 20 % et même à 60 % par Téhéran », ce qui inquiète beaucoup la communauté internationale, ce sont aussi « les nouvelles centrifugeuses », ainsi que l’acquisition par l’Iran d’une « connaissance technologique qui lui donnerait la possibilité d'aller vers le nucléaire militaire, s'ils en avaient vraiment l'intention ».

Selon le chercheur spécialiste de l'Iran, ce nouveau coup de tension s’explique par « le fait que l’Iran ne donne pas de date précise pour revenir aux négociations de Vienne », et que « chacune des deux parties essaie de faire évoluer le rapport de force en sa faveur ».

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