Le nucléaire, clé de la décarbonation de l’économie

Par Nicolas Baverez
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La France possède le plus grand parc nucléaire d'Europe et produit, grâce à lui, 71% de sa production d'électricité, mais l'arrêt prématuré de Fessenheim (photo) fragilise le réseau.
La France possède le plus grand parc nucléaire d'Europe et produit, grâce à lui, 71% de sa production d'électricité, mais l'arrêt prématuré de Fessenheim (photo) fragilise le réseau.

Plus encore que les pandémies, le réchauffement climatique figure au premier rang des risques globaux du XXIe siècle. Le respect de l'objectif fixé par l'accord de Paris de limiter au maximum à 2 °C la hausse de la température d'ici à 2100 est impératif. Il est indissociable de la décarbonation rapide des économies. Après avoir été contestée par les superpuissances, elle se trouve désormais au c?ur de la nouvelle guerre froide entre la Chine ? qui entend atteindre la neutralité carbone en 2060 ? et les États-Unis, où Joe Biden a annoncé un plan d'investissement de 3 000 milliards de dollars en faveur des infrastructures et de la lutte contre le réchauffement climatique.

L'énergie, qui constitue la première source des émissions de carbone, joue un rôle central. Du Giec à l'AIE, chacun s'accorde sur le fait que la solution passe par l'électricité décarbonnée, dont la consommation augmentera fortement, y compris pour permettre le recours à l'hydrogène. Elle repose sur la production hydraulique, sur le développement accéléré des renouvelables fondé sur le solaire et l'éolien, mais aussi sur le nucléaire, qui devrait générer au minimum 11 % de l'électricité mondiale en 2050. L'électricité nucléaire présente, en effet, le triple avantage d'être décarbonée (elle a évité 60 gigatonnes d'émissions de carbone en un demi-siècle), flexible et pilotable, ce qui en fait le complément idéal des renouvelables et un atout décisif pour la sécurité des systèmes électriques, n [...] Lire la suite