Noyades, accidents, qualité des eaux : attention aux baignades sauvages

Après deux mois de confinement et plusieurs jours de grand beau temps, de nombreuses personnes ne résistent pas à l'envie de piquer une tête. Des baignades pas forcément autorisées en raison d’un "profil de vulnérabilité des eaux". Ces derniers jours, les pompiers relèvent une recrudescence d'accidents et de noyades. Sauter d'un pont et perdre la vie Un peu partout en France, des jeunes bravent tous les dangers. Ils s'élancent du haut d'un pont sans prendre garde aux objets flottants ou aux bateaux qui naviguent. "Ah oui c'est très dangereux, si on saute on peut se prendre le rebord", confie un jeune baigneur à France 3 Nords-Pas de Calais. Les risques d'accidents fatals sont très élevés comme le rappelle dans une interview à la Provence, le commandant Alain Jalabert du SDIS Vaucluse. "Ce qui créé le drame, ce sont les plongeons. Les gens sautent dans 20 cm d'eau, cela entraîne des traumas du rachis et donc tétraplégie". Mais les forces de l'ordre ont bien du mal à faire respecter la loi. "On n’arrive pas à les verbaliser car la plupart du temps quand on arrive ils se jettent dans l'eau, c'est mission impossible de les récupérer", rapporte Grégory Verhoeven, chef de la police municipale de Lambersart dans le Nord. Pour ce qui se font arrêter, l'amende est de onze euros, pas de quoi les dissuader. Les accidents mortels se multiplient En 2019, 600 noyades accidentelles ont été constatées en France. Depuis quelques jours, les pompiers ont reçu de nombreux appels d'urgence pour intervenir sur des accidents de baignades. Dans le Rhône, un adolescent de 16 ans a trouvé la mort en sautant dans le fleuve depuis le pont de Décines-Charpieu près de Lyon, samedi 27 juin peu avant 15 heures. Il n’a pas refait surface après son saut et un important dispositif de recherches a été déployé, relate Le Progrès. La veille, une personne avait déjà sauté dans le Rhône et disparu. Dans le Gard, le SDIS a été appelé vendredi 26 juin sur la commune de Collias. L'intervention concernait un homme de 19 ans en difficulté dans le Gardon. Ce dernier a sauté du pont et a coulé a pic. Rapidement localisée par un plongeur et malgré une tentative de réanimation, le jeune homme n'a pas pu être sauvé. Depuis le 1er janvier 2020, sept accidents de noyade ont eu lieu en Vaucluse dont quatre ont abouti à des décès. Une fillette de 8 ans, il y a quelques jours à Caromb, et un adolescent de 14 ans, mercredi dernier à Sorgues, ont succombé à de dramatiques accidents de baignade survenus à domicile ou en milieu naturel. Les risques sanitaires La baignade en rivières comporte aussi des risques sanitaires. La qualité de l'eau est parfois impropre à la baignade comme le rappelle Voies navigables de France qui lance une campagne de prévention dans le Nord. "L'eau de la Deule est une qualité navigation et non une qualité baignade, ça peut être dangereux pour les gens qui s'y baignent", précise Cécile Rousseau Adjointe - Service développement de VNF.#Armentières : malgré la #chaleur, la #baignade reste interdite aux #PrésduHem #interdiction #QualitéDeLeau #Canal #Eau https://t.co/5g8TP4fn2x pic.twitter.com/uN4OO0WKUT — VDNArmentières (@VDNArmentieres) June 24, 2020

Certains sites de baignade sont interdits de manière préventive, c'est le cas de la Sèvre et de l'Erdre en Loire-Atlantique. "Les cours d’eau sont navigables et la cohabitation avec la plaisance serait ainsi dangereuse", précise la préfecture qui ajoute que l’eau ne présente pas les qualités nécessaires à la baignade". Plusieurs rivières du Gard sont également interdites aux baigneurs. Un courrier, signé du préfet du Gard Didier Lauga, demande aux communes du département, "dans le cadre des mesures post-crise sanitaire Covid-19", de prendre un arrêté décrétant 'l'interdiction générale de baignade naturelle en eau douce hors des sites de baignade dûment contrôlés et répondant aux obligations réglementaires'".Pourquoi la baignade en rivière est-elle interdite dans le Gard ? https://t.co/NKfp6U3BbG pic.twitter.com/PVsvJxotXm — Midi Libre (@Midilibre) June 25, 2020