L'UE va prendre de nouvelles sanctions contre la Biélorussie, selon les diplomates

par Robin Emmott
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L'UE VA PRENDRE DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA BIÉLORUSSIE, SELON LES DIPLOMATES DE L'UE
L'UE VA PRENDRE DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA BIÉLORUSSIE, SELON LES DIPLOMATES DE L'UE

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont entendus jeudi sur le principe de nouvelles sanctions contre les autorités de Biélorussie qui devraient être prêtes d'ici deux semaines, a-t-on appris auprès de deux diplomates de l'UE.

L'UE a déjà décrété des interdictions de visas et des gels d'avoirs contre des responsables biélorusses à la suite de la réélection contestée, le 9 août, du président Alexandre Loukachenko et de la répression du mouvement inédit de contestation contre le dirigeant de l'ancienne république soviétique.

Les nouvelles sanctions devraient cibler des personnalités occupant des positions hiérarchiques encore plus élevées mais aussi des entités finançant le président biélorusse et son gouvernement, ont dit les diplomates.

"Il y a eu un accord politique unanime parmi les 27 gouvernements de l'UE pour des sanctions supplémentaires", a dit à Reuters l'un des deux diplomates à l'issue de cette réunion organisée en visioconférence.

"Nous devons arrêter ce crime contre la démocratie."

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, a déclaré avant cette réunion que "les autorités biélorusses ne sont à l'évidence pas prêtes à entamer un dialogue avec l'opposition".

"Nous n'avons enregistré jusqu'ici aucune réaction constructive de Minsk (la capitale biélorusse)", a-t-il ajouté.

Candidate de l'opposition lors de la présidentielle du 9 août, Svetlana Tsikhanouskaïa avait pour sa part appelé mardi les dirigeants européens à imposer des sanctions ciblées contre les proches d'Alexandre Loukachenko après un nouveau week-end de manifestations antigouvernementales sévèrement réprimées par les forces de l'ordre.

"Seule la pression économique fera reculer ce régime, parce qu'il n'aura pas l'argent pour payer la police antiémeute et ses crimes", a déclaré à Reuters l'opposante, qui vit en exil en Lituanie, lors d'une visite à Stockholm.

La police a fait usage de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes dimanche pour disperser des dizaines de milliers de Biélorusses à nouveau descendus dans les rues pour réclamer le départ d'Alexandre Loukachenko.

Un artiste de 31 ans, Roman Bondarenko, est mort à l'hôpital le 12 novembre après avoir été passé à tabac par les forces de sécurité, selon l'opposition.

Selon Svetlana Tsikhanouskaïa, la population biélorusse est "désespérée" face à la répression. "Notre mouvement de protestation est essentiellement pacifique, et nous ne voulons pas répondre à la violence par la violence."

(Avec Sabine Siebold à Berlin, version française Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey, édité par Nicolas Delame)