Nouvelles restrictions en France: Jean Castex essuie le courroux des parlementaires

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Le Premier ministre Jean Castex a défendu avec force ce jeudi les nouvelles restrictions contre la troisième vague de Covid-19, devant une Assemblée houleuse puis un Sénat plus mesuré, mais où l'opposition a également largement boycotté le vote final.

Mission accomplie. Mais que la journée fut longue pour Jean Castex. Et la victoire amère. Mandaté par Emmanuel Macron pour aller faire voter par le Parlement les nouvelles mesures sanitaires annoncées la veille à la télévision, le Premier ministre a fait face à une opposition particulièrement remontée.

Pas d'alcool sur la voie publique, aide aux familles modestes privées de cantines scolaires, maintien des concours dans le supérieur et déplacements permis pour accompagner ses enfants chez leurs grands-parents : les députés ont approuvé les nouvelles restrictions par 348 voix contre 9 (sur 577 députés), et les sénateurs par 39 voix contre 2. Seuls 45 sénateurs ont pris part au vote sur 348.

Boycott massif

Ces votes ont ainsi été marqués par un boycott massif des oppositions de droite (LR) comme de gauche (LFI, PS, PCF) pour dénoncer un « piétinement du Parlement » appelé à voter sur des mesures déjà actées par l'exécutif.

« Vous prenez les chambres parlementaires pour un paillasson », a dénoncé le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner, quand son homologue LR Bruno Retailleau dénonçait un Parlement « pris en otage ». « Vous souhaitez que le Parlement soit une sorte de faire-valoir. Eh bien le Sénat n'est pas le faire-valoir de l'exécutif », a-t-il tenu à rappeler, comme en écho aux propos tenus quelques heures plus tôt à l'Assemblée nationale.

« Nous en avons assez de voir l'Assemblée exclue de la discussion sur la stratégie à mettre en œuvre contre la pandémie », a ainsi tonné Jean-Luc Mélenchon au nom des députés LFI. Le chef de file des députés de droite Damien Abad a lui aussi dénoncé le piétinement du Parlement, agacé d'avoir encore une fois été convoqué en urgence : « Le Parlement, ce n'est pas une chambre d'enregistrement, ni une assemblée de commentateurs, spectatrice de ce qui se dit et se décide à l'Élysée. »

« Une opposition sans proposition, ce n'est qu'un mouvement d'humeur », a cinglé le ministre de la Santé Olivier Véran. Finie l'union nationale. Après un an de crise sanitaire, le divorce est consommé entre l'exécutif et l'opposition.