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Nouvelles frappes meurtrières israéliennes à Gaza, Blinken attendu dans la région

Israël a poursuivi ses frappes sur la bande de Gaza et tué plus de 120 Palestiniens en 24 heures, a indiqué dimanche le Hamas, avant une nouvelle mission du secrétaire d'Etat Antony Blinken au Moyen-Orient axée sur les tractations en vue d'une trêve.

Alors que la guerre entrera mercredi dans son cinquième mois, l'armée israélienne a de nouveau bombardé Khan Younès, dans le sud du territoire où selon elle se cachent des responsables du mouvement islamiste palestinien.

Selon un journaliste de l'AFP, des frappes aériennes ont également visé Rafah, à quelques kilomètres au sud où s'entassent selon l'ONU plus de 1,3 million de personnes ayant fui les combats et les bombardements qui ont dévasté le territoire assiégé.

Une frappe a touché un jardin d'enfants dans la ville surpeuplée, située à la frontière fermée avec l'Egypte, a affirmé le bureau de presse du gouvernement Hamas.

Les craintes s'amplifient face à une possible offensive militaire contre cette ville où les déplacés installés dans des abris et des campements de fortune sont menacés par les pénuries et les épidémies.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré que l'armée avait détruit "17 des 24 bataillons" du Hamas.

"La plupart de ceux qui restent sont dans le sud de la bande de Gaza et à Rafah, et on va s'en occuper", a-t-il ajouté.

Objectif Rafah

"La pression sur le Hamas fonctionne", a lui affirmé le ministre de la Défense Yoav Gallant. "Ils sont dans une situation difficile et nous les frappons durement", a-t-il dit, après avoir assuré cette semaine que Rafah était le prochain objectif militaire.

A travers le petit territoire de quelque 2,4 millions d'habitants, au moins 127 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste, classé organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas et a lancé une offensive militaire qui a fait 27.365, en grande majorité des civils, selon un dernier bilan dimanche du ministère de la Santé du mouvement.

L'armée a aussi annoncé dimanche la mort d'un soldat, portant le bilan des pertes israéliennes à 225 militaires depuis le début de sa campagne terrestre fin octobre dans le nord du territoire palestinien.

Pas de déplacements forcés

Sur le front diplomatique, des tractations se poursuivent pour parvenir à une seconde trêve, plus longue que celle d'une semaine qui avait permis fin novembre la libération d'une centaine d'otages retenus à Gaza en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Quelque 250 personnes ont été enlevées le 7 octobre, selon Israël, et 132 otages sont toujours retenus à Gaza. Parmi eux, 27 ont été déclarés morts par l'armée.

Antony Blinken, dont le pays est le principal soutien d'Israël, devrait quitter dimanche Washington pour le Moyen-Orient pour soutenir ces tractations. Il doit se rendre au Qatar, en Egypte, en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite.

Le nouveau chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné, également en tournée régionale axée sur les mêmes tractations, s'est entretenu dimanche au Caire avec le président égyptien Abel Fattah al-Sissi et son homologue Sameh Shoukry.

La France oeuvre "en faveur d'un cessez-le-feu mais nous devons également préparer le retour de l'Autorité palestinienne à Gaza avec une gouvernance renouvelée", a-t-il dit en marge d'une rencontre avec M. Shoukry.

Paris "refuse" également tout "déplacement forcé" de la population gazaouie bloquée à Rafah vers l'Egypte, un mouvement qui pourrait créer de nouveaux réfugiés de Palestine, a-t-il souligné.

A Beyrouth, un responsable du Hamas, Oussama Hamdane, avait jugé samedi prématuré de parler d'un accord sur une trêve, estimant que le projet élaboré par les médiateurs qatari, américain et égyptien à Paris fin janvier était "un accord-cadre qui a besoin d'être étudié" par le mouvement palestinien.

Selon une source du Hamas, la proposition prévoit d'abord une trêve de six semaines avec la libération de 200 à 300 Palestiniens détenus en Israël en échange de 35 à 40 otages.

"Amis américains"

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, exige un cessez-le-feu total en préalable à tout accord. Ce que refuse Benjamin Netanyahu malgré la pression des familles des otages qui manifestent quasi-quotidiennement pour demander la libération de leurs proches.

Le Premier ministre israélien a répondu dimanche aux critiques émanant d'un de ses ministres sur une supposée aide insuffisante des Etats-Unis dans sa guerre contre le Hamas, en saluant ses "amis américains" et en soulignant leur "soutien en termes d'armements, soutien pour les institutions internationales, envoi de troupes dans la région...".

Le nord du territoire israélien est aussi visé quotidiennement depuis la frontière avec le Liban, fief du Hezbollah libanais. L'armée israélienne a indiqué dimanche avoir détruit des sites d'où selon elle le mouvement chiite, un des alliés régionaux du Hamas, avait lancé des missiles, et des postes d'observation du Hezbollah dans le sud du Liban.

Sur un autre front, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont mené de nouvelles frappes samedi soir contre des dizaines de cibles des rebelles Houthis au Yémen, en réponse aux attaques répétées de ces insurgés contre des navires en mer Rouge, qui affirment agir "en solidarité" avec les Palestiniens à Gaza.

VIDÉO - Hommage aux victimes du Hamas : "Il n'est nullement dans nos intentions de transformer un moment d'hommage national dans un moment de politique", affirme Manuel Bompard