Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies

Stéphane Gayet

Atlantico : Un nouveau test de dépistage du cancer est étudié en Grande-Bretagne. Basé sur une IRM non invasive, elle constitue selon certains scientifiques une piste prometteuse pour remplacer les tests sanguins et les biopsies. En quoi consiste ce nouveau test ? En quoi diffère-t-il des tests existants ?

Stéphane Gayet : Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France. Le nombre de nouveaux cas annuels est estimé à un peu plus de 71 000, devant le cancer du poumon (un peu plus de 27 000) et le cancer du côlon ou du rectum (un peu plus de 21 000). En France, le cancer prostatique est la troisième cause de mortalité par cancer.

La triade PSA-échographie-biopsies a été la règle de base, mais fait aujourd'hui l'objet d'une remise en cause

La prise en charge diagnostique et thérapeutique du cancer de la prostate reste souvent insatisfaisante ; on doit l'avouer. Cela fait des années que l'on a mis au point le dosage sérique (dans le sang) de l’antigène prostatique spécifique (APS, en anglais PSA) ; on a cru que l'on tenait là un moyen non invasif (non agressif) et fiable de détecter précocement le cancer prostatique par un simple prélèvement sanguin ; en réalité, cette protéine (antigène), si elle est bel et bien spécifique de la prostate, n'est nullement spécifique du cancer. On en a préconisé le dosage systématique après 50 ans, ce qui a conduit à réaliser des biopsies prostatiques chez de très nombreux hommes, biopsies à la fois sources de sérieux effets indésirables, pas toujours pertinentes et à l'origine de traitements anticancéreux parfois non justifiés. Les biopsies de la prostate sont pratiquées à l'aiguille sous anesthésie locale ou parfois générale, et exposent au danger de douleurs parfois importantes, d'infection bactérienne suppurée, d'hématome et de troubles sexuels, voire de complications plus graves mais très rares.
Cette triade PSA-échographie-biopsies a été le dogme pendant des années. Mais cette pratique (...)lire la suite sur Atlantico