Paris, Lyon, Lille, Rennes... nouvelles manifestations contre la loi "Sécurité Globale"

H.G.
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Des manifestants entourés de forces de l'ordre, samedi 30 janvier 2021 - Christophe Archambault - AFP
Des manifestants entourés de forces de l'ordre, samedi 30 janvier 2021 - Christophe Archambault - AFP

De nouveaux rassemblements étaient organisés ce samedi dans des dizaines de villes de France pour dire stop à la proposition de loi "Sécurité globale", combattue depuis novembre par des défenseurs des libertés publiques et syndicats de journalistes, et aussi pour défendre le droit à la culture.

Dans la capitale, plusieurs centaines de personnes dont des "gilets jaunes" sont partis de Nation en direction de la place de la République. Le rendez-vous a été fixé là-bas, avec la participation d'artistes et de musiciens, selon les organisateurs "pour proclamer la liberté de créer, d'exercer, de jouer pour un public résolument vivant", face à la fermeture des lieux culturels.

Un appel à la dispersion a été lancé vers 17 heures. Les forces de l'ordre ont ensuite fait usage de canons à eau face à quelques jets de projectiles de la part de manifestants. Peu avant 18 heures, heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, la place de la République a été désertée par les derniers récalcitrants.

Quelques tensions à Paris et à Nantes

De nombreux autres rassemblements étaient prévus à travers le pays, notamment à Lyon, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Montpellier, Toulon, Nice, mais aussi Dijon, La Rochelle, Quimper, Abbeville, Tarbes, Le Havre etc.

Quelques tensions sont survenues au cours de l'après-midi dans le cortège parisien mais aussi à Nantes où des jets de projectiles et des tirs de mortiers d'artifice ont été effectués en direction des forces de l'ordre.

Les articles 21 et 22 du texte pointés du doigt

Cette nouvelle journée de mobilisation vise le texte sur la "Sécurité globale" présenté cet automne, et notamment son article 24 qui pénalise la diffusion malveillante d'images de membres des forces de l'ordre.

Une mesure défendue par le gouvernement pour qui elle vise à protéger les policiers victimes d'appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux, mais qui empêcherait selon ses détracteurs de filmer les forces de l'ordre en intervention et de documenter les violences policières.

Le collectif "#StopLoiSécuritéGlobale", lancé par des syndicats de journalistes et la Ligue des droits de l'homme, cible également les articles 21 et 22 sur l'usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l'ordre. Il s'oppose en outre au "nouveau schéma national du maintien de l'ordre" (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l'ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations.

"Avec cette proposition de loi viendrait tout un arsenal d'outils pour restreindre les libertés publiques et amplifier la répression: empêcher de filmer les pratiques policières, la surveillance généralisée par drone et par caméra-piéton, l'octroi de dangereux pouvoirs aux entreprises privées de sécurité…", plaident les membres du collectif, appelant à "faire tomber" ce texte, qui doit passer au Sénat en mars.

Le précédent appel à manifester rejoint par les teufeurs

Depuis le début de l'examen de la proposition de loi, le nombre de manifestants, parmi lesquels figurent souvent des gilets jaunes, a varié d'un mois à l'autre.

La plus importante journée de mobilisation, le 28 novembre, avait rassemblé 500.000 personnes dans le pays selon la coordination, 133.000 selon le gouvernement.

Les "marches de la liberté" du 16 janvier, ont quant à elles rassemblé 34.000 personnes en France selon la police, et 200.000 selon les organisateurs. Elles avaient été rejointes par des teufeurs membres du mouvement des "free parties", qui s'estiment visés par une répression policière abusive après la rave de Lieuron (Ille-et-Vilaine) au Nouvel an.

Article original publié sur BFMTV.com