Dans la nouvelle Constitution tunisienne, l’islam ne sera plus religion d’État

PHOTO / ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS

Il y a quelques semaines, le président tunisien, Kaïs Saïed, a confié au constitutionnaliste chevronné Sadok Belaid la mission de présider une commission chargée d’écrire une nouvelle Constitution pour le pays. Une Constitution qui devrait être soumise à un référendum populaire le 25 juillet prochain, un an jour pour jour après le coup de force du locataire du palais présidentiel de Carthage contre le Parlement.

Selon une déclaration faite par le doyen Sadok Belaid à l’Agence France-Presse et reprise notamment par le site d’information Business News, la nouvelle Constitution, contrairement aux précédentes, ne fera pas référence à l’islam. Une option qui permettrait, selon lui, de “barrer la route à l’islam politique”.

Immuable depuis la Constitution postcoloniale de 1959, l’article premier définissait la Tunisie comme “un État libre, indépendant et souverain, l’islam est sa religion, l’arabe sa langue et la république son régime”.

Invité du journal télévisé de 20 heures sur la chaîne publique Al-Wataniya, l’homme de 83 ans a notamment expliqué que l’État, en tant qu’entité morale, ne pouvait avoir une religion. Dans le même entretien, il a accusé l’islam politique d’être à l’origine du “ravage” politique et économique des dix dernières années.

Réactions islamistes

Des déclarations qui font réagir les islamistes, dont le président du bureau politique du parti de la coalition Al-Karama, Yosri Dali. “Il s’agit là d’un message clair à l’Occident pour qu’il soutienne Kaïs Saïed et sa bande. Il courtise l’islamophobie occidentale… C’est un appel à un soutien, en échange de l’élimination de l’islam politique en Tunisie”, déclare-t-il au site panarabe Al-Araby Al-Jadid.

À moins de deux mois du référendum, les Tunisiens n’ont pas encore pris connaissance du texte constitutionnel sur lequel ils devraient se prononcer. Il y a quelques jours, un “dialogue”, boudé notamment par la puissante centrale syndicale UGTT, avait été lancé par le président tunisien. Les partis hostiles aux mesures du 25 juillet n’ont pas été conviés.

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