Nouvelle-Calédonie : « Le gouvernement n’a pas été impartial. Il a attisé les braises », estime Patrick Kanner

L’adoption par les députés de la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, contestée par les indépendantistes, s’est soldée par un bilan très lourd. Des centaines de blessés, quatre morts dont un gendarme. L’exécutif va décréter l’état d’urgence sur place tout en invitant les acteurs locaux au dialogue pour un accord sur l’avenir institutionnel de l’Archipel. Sans quoi le Congrès sera convoqué fin juin pour réviser la Constitution.

« Personne ne remet en cause la nécessité de procéder au dégel du corps électoral. La question c’est le comment ? », a réagi Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au micro de Public Sénat.

Quelques minutes plus tôt, Patrick Kanner avait rappelé que pour la première fois depuis 1988 et les Accords de Matignon le gouvernement « engageait une réforme constitutionnelle avant d’avoir trouvé un accord local. On a fait les choses à l’envers et aujourd’hui, on en paye les conséquences », a-t-il estimé.

Son groupe, comme celui de l’Assemblée, demande que le dossier revienne à Matignon. « A chaque fois qu’il y a eu une grave situation, c’est le Premier ministre qui est monté au front : Rocard en 1988, Jospin en 1998 mais aussi Edouard Philippe », a-t-il souligné.

Le sénateur du Nord a, une nouvelle fois, dénoncé le manque d’impartialité de l’exécutif comme en témoigne il y a quelques mois, la nomination de Sonia Backès au gouvernement, leader des loyalistes et présidente de la province Sud, et « quand il choisit un leader loyaliste comme rapporteur (du texte) a l’Assemblée nationale ». « Le gouvernement n’a pas été impartial depuis de nombreux mois. Il a attisé les braises et c’est bien dommage »