Nouvelle-Calédonie: la date du 3e référendum maintenue, les indépendantistes comptent le boycotter

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Le drapeau indépendantiste kanak flotte au-dessus de la baie de Saint-Maurice, en Nouvelle-Calédonie, le 17 mai 2021 - Theo Rouby © 2019 AFP
Le drapeau indépendantiste kanak flotte au-dessus de la baie de Saint-Maurice, en Nouvelle-Calédonie, le 17 mai 2021 - Theo Rouby © 2019 AFP

L'annonce par l'État ce vendredi du maintien au 12 décembre du référendum d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie a été saluée par les partisans du maintien dans le giron français. Mais les indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), qui répètent leur consigne de "non participation", ne reconnaîtront pas le résultat.

Alors que le suspense planait depuis plusieurs semaines, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a finalement annoncé ce vendredi le maintien comme prévu du scrutin, en raison d'une situation sanitaire "maîtrisée".

"Les Calédoniennes et les Calédoniens qui souhaitent se rendre aux urnes le 12 décembre pourront le faire dans la paix", a déclaré Patrice Faure, à l'occasion d'un déplacement à Ponérihouen, village géré par un maire indépendantiste.

À plusieurs reprises, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avait expliqué que "seul le critère sanitaire" serait pris en compte pour décider du maintien ou non du vote. Le Caillou, longtemps épargné, est frappé depuis début septembre par une épidémie de Covid-19, faisant 272 morts en deux mois sur l'archipel de 280.000 habitants, mais désormais en net repli.

Les indépendantistes n'iront pas aux urnes

Les non indépendantistes se sont félicités de cette décision "qui offre des perspectives d'avenir", tandis que leurs adversaires ont promis de contester le résultat. Dès le 20 octobre, le FLNKS avait prévenu qu'il ne participerait pas à la troisième et dernière consultation sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, prévue dans le cadre de l'accord de Nouméa (1998).

La coalition indépendantiste, rejointe par d'autres formations nationalistes, estime "impossible" la tenue d'une "campagne équitable" à cause des nombreux décès et des restrictions sanitaires, et demandait un report à septembre 2022.

"Pour nous ça ne change rien. On reste sur la consigne de ne pas y aller. On ne se sent pas concerné par ce référendum car les conditions sanitaires et sociales ne sont pas réunies pour être dans la sérénité et la paix", a réagi Daniel Goa, porte-parole du FLNKS, sur RNC la1ère.

Signataire de l'accord de Nouméa et élu territorial, Victor Tutugoro, a de son côté réaffirmé que le FLNKS "ne reconnaîtra pas le résultat", qui pourrait être contesté devant l'ONU (Organisation des nations unies).

"C'est le dernier rendez-vous du processus de décolonisation de l'accord de Nouméa, et il se fera sans le peuple premier, sans le peuple colonisé! On est en train de nous voler ce référendum", a tonné le leader kanak.

Il a en outre accusé l'Etat de vouloir se "précipiter pour casser la dynamique" du oui à l'indépendance. Le score des indépendantistes était passé de 43,3% lors du premier référendum en novembre 2018 à 46,7% des suffrages en octobre 2020. "L'État sait que la situation est favorable au non parce qu'il n'y a pas de campagne et que la France apporte une aide massive face à la crise sanitaire", a expliqué Victor Tutugoro.

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Satisfaction des non-indépendantistes

Les non indépendantistes, qui tenaient au maintien du vote, ont eux applaudi cette décision. "Nous remercions l'État d'assumer ses responsabilités et ainsi d'offrir des perspectives d'avenir aux Calédoniens en nous donnant la possibilité de clôturer la période de l'Accord de Nouméa", a réagi dans un communiqué le mouvement Les Voix du non, qui rassemble les principaux partis loyalistes.

Ils ont souligné que "les indicateurs sanitaires (...) sont aujourd'hui acceptables et soutenables" pour rendre "possible" l'organisation d'une campagne qu'ils ont eux-mêmes reprise depuis deux semaines.

"Nous regrettons qu'à ce moment de notre histoire commune les indépendantistes ne soient pas à la hauteur des enjeux", a également indiqué le mouvement.

Cet ultime référendum sur l'accession à la pleine souveraineté intervient au terme d'un processus de décolonisation et de réconciliation entre les communautés, après les violences des années 1980, ouvert par les accords de Matignon en 1998 puis prolongé par l'accord de Nouméa.

Leader de Générations.nc, Nicolas Metzdorf s'est félicité que "l'État n'a pas tremblé" car "rien ne pouvait justifier un report du référendum si ce n'est une menace indépendantiste de déstabilisation". Député de la première circonscription de Nouvelle-Calédonie, Philippe Dunouyer (UDI) a estimé que ce troisième référendum "(nous) imposait d'initier, dès le lendemain, des discussions afin de construire les bases d'un nouvel avenir en commun".

Article original publié sur BFMTV.com

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