Nouvelle baisse des actions en Europe avec les craintes sanitaires

par Laetitia Volga
·4 min de lecture
LES BOURSES EUROPÉENNES FINISSENT EN BAISSE
LES BOURSES EUROPÉENNES FINISSENT EN BAISSE

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini en baisse mardi sur fond de dégradation continue de la situation sanitaire liée au coronavirus dont l'impact pourrait se faire ressentir sur l'activité économique.

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,77% à 4.730,66 points, plombé par la crainte d'un nouveau confinement. Le Footsie britannique a cédé 0,94% et le Dax allemand a abandonné 0,93%.

L'indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,94%, à un plus bas depuis la mi-juin. Le FTSEurofirst 300 a perdu 0,78% et le Stoxx 600 0,8%, à des plus bas d'un mois.

L'épidémie de COVID-19 continue se propager aux Etats-Unis et en Europe où de nombreux pays, dont la France et l'Allemagne, envisagent de durcir les restrictions, ce qui fait craindre un nouveau coup de frein à l'économie, qui peine encore à se remettre de la première vague.

L'approche de l'élection présidentielle aux Etats-Unis et l'absence de progrès dans les négociations sur le plan de relance sont également des facteurs de prudence.

La Maison blanche s'est dite confiante de conclure un accord avec les démocrates d'ici "les prochaines semaines", ce qui met sérieusement en doute l'hypothèse d'un compromis avant les élections du 3 novembre.

"Ces éléments de baisse vont probablement persister cette semaine. La tension devrait se maintenir jusqu'après l'élection et jusqu'à ce que nous voyons l'impact de la hausse des chiffres du COVID", a déclaré Keith Lerner, responsable de la stratégie chez Truist / SunTrust Advisory.

VALEURS EN EUROPE

La séance a été une nouvelle fois animée par de nombreux résultats d'entreprises, dont ceux supérieurs aux attentes de Capgemini (+2,13%).

Dans le secteur bancaire, HSBC a gagné 3,37% à Londres après des annonces saluées elles aussi par les investisseurs.

A la baisse, le fabricant de semi-conducteurs AMS a perdu 2,88%, pénalisé par le lancement d'une émission d'obligations convertibles qui prend le pas sur des résultats préliminaires et des prévisions encourageants.

Maisons du Monde, qui publie après la clôture, a chuté de 16,42% face à la perspective d'une nouvelle fermeture des magasins en cas de confinement.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé, le Dow Jones abandonnant 0,49%, le Standard & Poor's 500 0,10% mais le Nasdaq Composite prenait 0,51%, porté par les valeurs technologiques, recherchées par les investisseurs en temps de crise.

Lanterne rouge du Dow Jones, Caterpillar perdait 3,25% après l'annonce d'un bénéfice en baisse de 54% au titre du troisième trimestre.

Le laboratoire Eli Lilly chutait de 5,72% après la publication d'un bénéfice inférieur aux attentes en raison d'une baisse de la demande pour certains médicaments et de l'augmentation des coûts de développement des traitements contre le COVID-19.

Egalement en baisse, AMD (-4,66%) a annoncé le rachat de son rival Xilinx (+7,89%) pour 35 milliards de dollars (29,7 milliards d'euros).

CHANGES

Les variations sont limitées sur le marché des changes où les cambistes se gardent de faire des paris risqués face aux multiples sources d'incertitudes.

Le dollar cède 0,21% face à un panier de référence et l'euro évolue autour de 1,1824 dollar (+0,14%).

TAUX

Les rendements obligataires de référence en Europe ont fini la journée en baisse, à -0,614% pour le Bund allemand à dix ans et -0,3278% pour son équivalent français.

Le contexte sanitaire et l'approche des décisions de la BCE incitent les investisseurs obligataires à la prudence.

Le dix ans américain, lui, recule à 0,776%, un plus bas d'une semaine alors que la perspective d'un plan de relance s'éloigne.

PÉTROLE

Le marché pétrolier regagne une partie du terrain cédé sur les séances précédentes avec l'arrivée de la tempête Zeta dans le golfe du Mexique mais le sentiment de marché reste prudent en raison des craintes de voir la deuxième vague de la pandémie et les mesures prises pour la contenir freiner la demande d'hydrocarbures.

Le Brent prend 1,9% à 41,23 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,52% à 39,53 dollars.

Tous deux avaient perdu plus de 3% lundi.

(Laetitia Volga, édité par Jean-Michel Bélot)