Nouvel entraînement militaire americano-indonésien à Java, sous l’œil méfiant de Pékin

PHOTO MUHAMMAD A.F/Anadolu Agency via AFP

“Semblable au Garuda Shield, Gema Bhakti [“l’écho de la dévotion”, terme emprunté à la tradition hindou-bouddhiste de l’Indonésie] est passé d’un petit exercice simple à un exercice conjoint beaucoup plus complexe et robuste qui améliore l’interopérabilité et la capacité multinationale de l’armée nationale indonésienne et des États-Unis”, a déclaré Kenneth Hara, l’adjudant général de l’État d’Hawaii lors d’une conférence de presse.

Vendredi 9 septembre 2022, quelque 110 hommes de l’armée indonésienne et du commandement indo-pacifique des États-Unis ont lancé sur l’île de Java un nouvel exercice d’entraînement conjoint de sept jours “axé sur la gestion des crises et les opérations militaires de guerre”, précise le Jakarta Post.

C’est la deuxième fois en un mois que les deux pays se retrouvent pour des entraînements militaires conjoints sur le sol indonésien. Le premier, le Super Garuda Shield, s’était déroulé début août, soit quelques jours après la rencontre à Pékin entre le président indonésien, Joko Widodo, avec son homologue chinois, Xi Jinping. Le quotidien relate comment “Pékin avait alors envoyé une lettre à Jakarta, mettant en garde l’Indonésie contre la tenue de cet exercice annuel, cette fois-ci beaucoup plus important puisque y participaient pour la première fois des militaires d’Australie, du Japon et de Singapour”.

Litiges territoriaux

Contacté par le Jakarta Post, l’expert en défense Beni Sukadis estime que ces nouveaux exercices sont peu susceptibles d’augmenter les tensions dans la région, malgré la montée de la rivalité sino-américaine : “La position de l’Indonésie dans toute coopération est de donner la priorité à ses intérêts nationaux avant toute autre chose.”

“Cet exercice peut accroître la capacité des responsables civils et du personnel militaire indonésiens en temps de crise. Des exercices conjoints comme celui-ci devraient être effectués régulièrement.”

Il est pourtant difficile de ne pas lier ces opérations conjointes avec les litiges territoriaux en cours : depuis son indépendance, en 1945, l’Indonésie considère l’extrémité sud de la mer de Chine méridionale comme partie intégrante de ses eaux territoriales, ce que la Chine a commencé à contester depuis quelques années. Récemment, Pékin a demandé à plusieurs reprises à Jakarta d’arrêter d’y forer pétrole et gaz.

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